07 mai 2007
Perdre l'occasion de sentir une élection.
Au vu des résultats du 6 mai, doit-on parler de la défaite
de Ségolène Royale ou bien de la Victoire de Nicolas Sarkozy?
Assurément des deux. Mais il semble bien qu'avec un tel taux de participation,
l'avance plus que confortable du candidat UMP et la clarté d'un programme rabâché
depuis 3 mois, les français ont approuvé, désiré même, que Nicolas Sarkozy
devienne président. Et ce en dépit des mises en gardes et des analyses qui essayaient-
en vain - de montrer la dangerosité de Nicolas Sarkozy.
Cette victoire de Sarkozy, c'est le point d'honneur ultime d'une génération qui
aura complètement étouffé celle qui suit. On le sait, le vote Sarkozy est
majoritaire chez les seniors. Et, en ce sens, Sarkozy est avant tout élu par
les baby boomers aujourd'hui à la retraite, ou pas loin. Une génération qui a
connu les trente glorieuses, qui a "fait" mai 68, connu la libération
sexuelle, s'est enrichi par la suite, accessoirement ne s'est pas privée pour
polluer la planète, et qui s'est portée en modèle castrateur de la
génération suivante, en gros ceux qui sont nés entre 1968 et 1980. Et pour
refermer la parenthèse, donc, ils ont élu celui qui justement veut
"liquider l'héritage de mai 68". Pour nous laisser à nous,
trentenaires et quadragénaires, le soin d'à nouveau retrousser les manches,
travailler plus pour gagner plus: en gros montrer ce que nous savons faire.
Parce que c'est vrai que jusqu'à maintenant, on nous avait un peu mâché le
travail, n'est-ce pas?
Bien évidemment, l'électorat de Nicolas Sarkozy se retrouve dans toutes les
classes d'âge, et il ne faudrait pas minimiser l'attrait qu'à eu son discours
auprès notamment des classes populaires, notamment en mettant en avant
"les problèmes de l'immigration", le marronnier ultime. Il
n'empêche que cette victoire reste à mes yeux celle des grand parents qui
veulent faire "voir la vie" à leurs enfants et petits-enfants
(mais comme on ne paiera plus de doits de succession, on aura le pactole pour
nos vieux jours, c'est chouette !). Je vous le dis, ce n'était pas la meilleure
idée de naître en 1969.
La défaite de Ségolène Royal, s'explique aussi par les erreurs depuis 5 ans du
premier secrétaire du parti socialiste.
Logiquement cette élection n'était pas perdable : le candidat de l'UMP était
numéro deux d'un gouvernement au bilan plus que contrasté, passablement
détesté, et défendant un programme qui ne mettait pas vraiment le social en
avant, c'est le moins que l'on puisse dire. En outre, les élections régionales
de 2004 laissaient à penser qu'effectivement le Parti Socialiste avait repris
des couleurs après la débâcle de 2002.
Mais c'était sans compter sur l’inaptitude de François Hollande d’élaborer une
stratégie claire et de mener un parti d’une main de maître. En cinq ans d’opposition
on n’a guère entendu le parti socialiste. Il était presque inexistant pendant
les manifestations contre le CPE. Il a fallu attendre 4 ans avant d’élaborer à
la hâte un projet bancal et au fond pas très moderne. Et du coup, se trimballer
ce même projet avant la désignation d’un candidat. Faire des primaires fratricides
trop tôt. Laisser la candidate désignée en campagne pendant six mois, qui a du,
malgré ses désirs de modernisme et d’affranchissement, quand même broder autour
du dit projet – seul lien fédérateur entre des éléphants qui n’ont plus à
travailler ensemble.
Et puis, quoi ? En face, l’UMP était une machine de guerre quasi indéfectible. Même les chiraquiens le plus rétifs ont fini par rallier Sarkozy. Au PS, François Hollande n’a cessé de vouloir faire la synthèse entre Fabius-Mélenchon-Emmanuelli d’une part, les jospiniens historiques (Vaillant/Delanoë) et les Sociaux démocrates (DSK/Bartolone) d’autre part. Autant dire concilier l’inconciliable.
Enfin, on ne m’ôtera pas de l’idée qu’au moins un ou deux pourcent d’électeurs prêt à voter à gauche, n’était pas prêts à élire une femme présidente. Oh, bien sur ils ne l’avoueront jamais. Ils diront plutôt que Ségolène, ils ne peuvent pas la sentir, trop pimbêche, trop bourgeoise, trop gourde surtout, quelle incompétence, n’est-ce pas ? Et d’ailleurs elle a perdu, c’est bien pour quelque chose !
Alors, aujourd’hui, évidemment, je suis très triste. Et aussi un peu en colère.
Certes, je mise un l’espoir d’un dernier sursaut pour les législatives, mais je n’ai plus trop d’illusion. Elles ne peuvent être gagnées que s’il y a alliance avec le Mouvement Démocrate de Bayrou, autant dire que le PS est plutôt prêt à se tirer une balle dans l’autre pied.
Quand à moi, j’arrête ce blog aujourd’hui. Il s’appelait « 2007
sans Sarkozy », force est de constater que ce sera avec. Je rouvrirai
peut-être un autre blog, que je signalerai ici. En attendant, je vais non pas
me reposer pour habiter une fonction mais vaquer à d’autres occupations. Merci
aux 20000 visiteurs d’avoir jeter un œil ici. Je laisse les commentaires
ouverts.
Continuez à voter, à ne pas regarder TF1, lire les blogs, le canard enchaîné… Gardez l’esprit critique, vous en aurez bien besoin.
A bientôt.
Pascal.
04 mai 2007
Eviter une défaite Royale.
Le débat est passé. Les lignes ont sûrment peu bougé. Ségolène s'est bien défendue. Sarkozy l'a bien joué. Tout a été dit. Je ne rajouterai pas de glose. J'aurais eu au moins une satisfaction : pour une fois Sarkozy connaissait la contradiction, celle que tous les journalistes lui ont refusé à la télévision (à la Radio, il y heureusement Demorand).
J'ajoute que pour une fois je serai d'accord avec la reine du zygomatique Arlette Chabot :il faut deux débats pour l'entre deux tours. Avec des thèmes différents. Histoire que l'international, l'europe, les instiutions ne passent pas à l'as à chaque fois. Histoire qu'il n'y ait pas de sujets survolés. Et dans l'ensemble, il faut plus de débats entre les candidats y compris du premier tour, et, du coup, peut-ête effectivement revoir les règles du CSA (par exemple maintenir l'égalité parfaite sauf en cas de débats entre candidats).
Revenons à DImanche prochain, commençons le bilan de cette élection. Il n'y a pas eu vraiment de suprise au premier tour.
L'affiche du deuxième tour est bien celle annoncée depuis l'été dernier. Tout juste avons-nous connu des micros surprises. Le score de Bayrou, mais il était annoncé depuis plusieurs semaines déjà, le faible score de Le pen, et surtout la très forte participation.
Nous pourrions nous attendre alors à une surprise pour le second tour.
Une victoire de Ségolène Royal, serait LA surprise;
Elle serait aussi un miracle. Et sincèrement, il n'y pas vraiment de raisons d'espérer.
En revanche, un score de Sarkozy supérieur à 55% serait une réelle surprise pour un candidat issu d'une majorité au pouvoir depuis 5 ans et qui a subi de récents échecs électoraux (les régionales et européennes en 2004).
Ce serait aussi, vous l'imaginez bien, une victoire enivrante pour celui qui attise des peurs, des inquiétudes, des haines mêmes, qui, toutes légitimes fussent-elles, n'ont manifestement pas eu l'effet escompté.
Une victoire écrasante, un pouvoir autocratique, égocentrique, un pouvoir à la trique.
Cette surprise, est en fait à portée de main pour Nicolas Sarkozy.
55, 56, voire 57%, un score jamais atteint, même, dans les sondages.
Il ne tient qu'aux indécis, aux abstentionnistes de tout poil qui ont voté pour l'extrême gauche et pour Bayrou de mettre un peu leur fierté de côté, et de mettre un bulletin Ségolène Royal dans l'urne afin d'éviter une débandade véritablement dramatique. Et pas seulement pour la gauche.
Car si Bayrou a fait un score historique au premier tour, son courage de l'entre deux tours risque de l'embarquer vers une traversée du désert paradoxale. Pour qu'il ait la place de créer un parti démocrate, véritable centre social-démocrate, encore faut-il que Sarkozy, tel Attila (pas Schivardi, hein) n'ait pas tout rasé sur son passage.
A l'inverse, une petite victoire de Sarkozy pourrait même lancer une dynamique Social démocrate, dès les législatives de Juin, et, du coup, imposer peut-être une cohabitation (par le jeu des triangulaires), préférable à la toute puissance Sarkozienne.
Pour ces raisons, il ne faut pas se démobiliser, il faut faire aussi un acte civique.
Il faut voter Ségolène Royal le 6 mai Prochain
Rendez-vous Lundi pour la fermeture du blog.
02 mai 2007
Le grand soir à la télé
Le Tout sauf Sarkozy, ça ne marche pas.
Le Tout pour Ségolène, ça ne marche pas non plus.
Citer Sarkozy dans le texte, ça ne fait pas ciller un poil.
Expliquer le pacte présidentiel de Ségolène, ça vous en touche une sans réveiller l'autre.
Relater les pressions de Sarkozy aux medias, ça vous fait passer pour un conspirationiste honteux.
Evoquer le machisme flagrant envers Ségolène, ça vous fait passer pour un menteur.
Suggérer que Sarkozy à la tête de l'Etat pourrait être un danger, ça commence à raser les indécis.
Essayer de convaincre qu'il faut voter Ségolène, ça commence à barber les indécis.
Railler les soutiens people de Sarkozy, ça vous fait passer pour un bobo élitiste qui n'aime pas le peuple
Vanter les soutiens people de Ségolène, ça vous fait passer pour une groupie à "l'américaine, que même si c'est ça la politique, bonjour le niveau".
Alors moi j'en ai marre.
Ségolène, démerde toi pour montrer ce soir, au débat, que t'es meilleure que lui et obtiens 50,1 % dimanche prochain, point barre.
29 avril 2007
Royal-bayrou : des hauts et débat
A une semaine pile de la date fatidique, qui risque d'annoncer mon pire cauchemar dès 20 heures, revenons sur cet entre deux tours complètement baroque, et tellement excitant.
Cela faisait plusieurs semaines, déjà, qu'il devenait évident que Ségolène Royal devrait tenir compte des électeurs de François Bayrou, et peut-être même composer avec lui pour gouverner. Lorsque j'en fis part dans un courrier à Libération, je me suis pris une volée de bois vert par les lecteurs.
Et pourtant, l'on voyait déjà ce qui s'est passé : une translation d'électeurs. L'aile droite des électeurs du PS, les sociaux démocrates votant pour Bayrou, les électeurs de la gauche de la gauche, le 21 avril en tête, jouant le vote utile, se sont déplacés vers Royal. D'où cet assèchement, que dis-je, cette lyophilisation de l'extrême gauche... et le résultat spectaculaire de François Bayrou.
Et spectaculaire, il l'est à plus d'un titre. N'a-t-on jamais vu un perdant de premier tour prendre autant de place au second?
Cette semaine passée est quand même un événement sans précédent. C'est la première semaine, ou presque, depuis le 14 janvier, que Nicolas Sarkozy n'a pu mener la danse. Pis. En refusant le débat avec François Bayrou, en laissant la porte ouverte au fait qu'il eût exercé des pressions sur les journalistes pour que le débat Royal-bayrou n'ait pas lieu (ce qui est peut-être faux, mais ce qui met à jour la méthode Sarkozy, d'ailleurs l'affaire Plantu le prouve), en raillant enfin sans vergogne le débat le plus moderne que la politique française ait connu, Sarkozy, ex-chantre de la rupture, apparaît de manière inédite comme un conservateur de premier ordre. Ringardisé, dit Birenbaum.
Et que voit-on par ailleurs? Une Ségolène Royale pugnace, assurée, qui n'a jamais aussi bien parlé, et qui a réussi trois prestations en une semaine - « à vous de juger » sur France2, son meeting de Lyon où elle prouvé qu'elle pouvait surpasser ses difficultés oratoires pour emmener les foules, et donc ce fameux débat avec François Bayrou.
Qu'en est-il ressorti de ce débat ? Au delà de la différence réelle sur les programmes économiques, et des convergences certaines sur les institutions, il est surtout apparu que la politique autrement, était plutôt du côté de Bayrou et de Royal que de Sarkozy. Et puis, il est devenu évident que les valeurs, celles de solidarité et d'humanisme étaient communes aux deux candidats.
En s'excluant de ces débats, en fait, Sarkozy a montré sa vraie nature : égoïste et peu soucieux de la démocratie.
Est-ce que la semaine qui reste suffira à inverser la tendance? Je ne le crois guère.
Mais je note que Ségolène Royal ne lâchera pas l'affaire, et que le débat de mercredi prochain risque d'être particulièrement incisif. C'est ce qui fait la différence d'ailleurs entre Royal et Jospin, je parle de celui de 1995. Certain d'être battu par Jacques Chirac, l'ex premier ministre a voulu un débat feutré, histoire de placer ses pions pour la prochaine présidentielle. On a vu ce que ça a donné. Là, on voit bien que Royal se moque éperdument de l'avenir du PS, qu'elle sait qu'en cas de défaite elle risque de disparaître du paysage politique, et que seule compte pour elle la victoire. Elle jouera la gagne jusqu'au bout. Sans s'occuper des frilosités de l'appareil, et notamment de son compagnon.
Elle a transformé ses désirs d'avenirs en devoir de victoire.
Ce sera serré.
23 avril 2007
Résultat du premier tour : c'est un peu l'amer à boire.
Dans le désordre, voici toutes mes réflexions sur le résultat du premier tour des présidentielles 2007.
Le taux de participation historique est la conséquence directe du 21 avril 2002.
Le 21 avril 2002, d’ailleurs, a complètement dirigé ce scrutin.
Les abstentionnistes des élections précédentes n’étaient pas forcément de gauche, comme on a pu le dire assez souvent. Au regard des résultats, on peut penser que les abstentionnistes sont de tous les bords, sauf peut-être celui de Le Pen.
Cette élection était clairement celle de trop pour Arlette Laguiller et Jean Marie Le Pen.
François Bayrou a réussi son pari, mais à moitié quand même. C’est lui la clé du second tour, c’est peut-être lui qui a renforcé le vote utile à gauche. A partir du moment où il piquait des voix Royal, ceux qui étaient prompts à voter pour un petit candidat se sont reportés sur Ségolène Royal
Les bobos gauchos qui ont voté Bayrou ont pris le risque d’ouvrir un boulevard à Nicolas Sarkozy.
Olivier Besancenot va prendre la tête de la gauche antilibérale, le parti communiste est mort.
François Hollande n’a toujours pas compris que le parti communiste était mort et que la seule alliance possible pour gagner c’était avec Bayrou.
Je suis satisfait que le PS soit au second tour, que le score de sa candidate soit plus qu’honorable, néanmoins, je pense que cela ne sera pas suffisant.
François Hollande sera le seul responsable de la défaite de Ségolène Royal.
Nicolas Sarkozy a gagné plusieurs de ses paris : il est très largement en tête, il a réussi à capter à peu près 1 million de voix du Front National (pour cela, il y a mis du sien, reconnaissons le, en piquant tous les thèmes chéris de Le Pen), il est à plus de 30% score historique pour un candidat de droite, surtout de droite dure, il est enfin archi favori pour le deuxième tour. Gageons même qu’il a dû ressentir une légère érection à la vue des résultats.
Plus de 11 millions de français se sont laissé berner par 5 ans de communication non interrompue sur toutes les chaînes de radio et de télévision de France et de Navarre.
Plus de 11 millions de français souhaitent donc travailler plus pour gagner plus.
Plus de 11 millions de français considèrent que ce n’est pas un problème qu’il y ait un ministère l’immigration et de l’identité nationale
Plus de 11 millions de français tolèrent spontanément que leur futur président croit que la pédophilie et le suicide des jeunes « c’est génétique ».
Pour que Ségolène Royal batte Nicolas Sarkozy, il faudrait surtout que les électeurs de Bayrou ne se reportent pas sur l’ex ministre de l’intérieur. Et pour cela, il faudrait un appel clair du Président de l’UDF vers Ségolène Royal. Pour cela, il faudrait un accord de gouvernement.
Autant dire que c’est mal barré.
Il ne reste plus qu’à essayer de réduire au maximum l’écart. Si Sarkozy est élu avec 50 et des poussières, tout deviendra encore possible aux législatives de Juin.
Sinon, on n’est parti pour une bonne décennie d’enfer.
20 avril 2007
La pénibilité du pénultième jour
À l’avant-veille du premier
tour, je ne me sens ni faire un billet corrosif anti Sarkozy, comme j’ai pu le
faire à maintes reprises, ni m’évertuer à montrer combien le vote Bayrou ne
menait nulle part, d’ailleurs Jean-Marie Colombani s’en est chargé à ma place,
et je pense que ça a eu plus d’impact. Je ne me sens pas non plus aujourd’hui
faire la promotion du programme de Ségolène Royal, après tout vous ne venez
peut-être pas ici pour ça, et puis le programme on le trouve sur le site du PS,
et puis vous devez bien être décidés, là, maintenant à l’heure qu’il est, non ?
(on me souffle que pas encore tout à fait pour 30% d’entre vous).
C’est que cette campagne
électorale, que je mène bien au chaud derrière mon écran (BACDME pour les
initiés), m’a quand même épuisé. Certes moins que les candidats, sorte de
mutants physiques, qui ont une capacité à encaisser assez inimaginable. C’est
qu’il faut sacrément en vouloir pour devenir Président de la République, un job
pas très bien payé, avec beaucoup de responsabilité et qui accorde assez peu de
privilèges, au fond, par rapport à celui de dictateur d’Afrique, ou mieux
encore, grand leader en Corée du Nord. Et cette force physique et mentale, dont
ont fait preuve Sarkozy, Bayrou et Royal, me laisse un peu admiratif, je dois l’avouer.
Mais revenons à l’auteur de
ce blog, pour une fois. Épuisé disais-je. Car, même si j’ai pris un plaisir fou
à écrire la centaine de billets qui jonchent ce blog, l’anxiété liée à la
possibilité de victoire de Nicolas Sarkozy à la présidentielle, anxiété
forcément ravivée à chaque acte d’écriture, a vidé l’énergie d’un homme qui,
ironie du sort, se lève tôt.
D’autant que sans cesse se
pose cette question : à quoi sert ton blabla ? Qui espères-tu
convaincre ?
Depuis six mois, il y a eu
12 000 visiteurs, ce qui est assez peu, somme toute. Parmi ses 12 000
visiteurs, beaucoup sont arrivés ici par hasard, en tapant dans Google des mots
qui n’avaient rien à voir avec le sujet. Beaucoup viennent en recherchant de l’anti
sarko. Ils sont donc déjà convaincus. D’autres encore viennent avec leurs idées
et repartent avec. Bref. Il faut se faire une raison, ce blog n’a pas vocation
de convaincre. Il fait partie d’une communauté vigilante et libre, et ce n’est
déjà pas si mal.
Si le 6 mai 2007, la tête de
l’ancien ministre de l’intérieur s’affiche à 20 heures sur nos écrans de
télévision, nul doute qu’il faudra que cette communauté ait une structure un
peu plus solide pour qu’une opposition se construise et résiste.
En attendant, je me
contredis et essaye une dernière fois d’appeler à voter pour Ségolène Royal dès
le premier tour, pour que la gauche continue d’exister, pour faire barrage à l’extrême
droite, pour porter les valeur opposées au Sarkozysme, pour créer une dynamique
de rassemblement au deuxième tour qui sera plus efficace que celle de François
Bayrou, pour élire une femme Présidente de la République.
13 avril 2007
L'alliance du Rocard martial
La
proposition de Michel Rocard, qui n’est pas le dernier pour mettre les pieds
dans le plat, de faire une sorte d’alliance entre Ségolène Royal et François
Bayrou, n’est pas tant surprenante dans le fond que dans le timing.
On le sent
bien depuis quelques mois, si la candidate Socialiste
arrive au second tour face à Nicolas Sarkozy, et que, comme les enquêtes d’opinion
semblent l’indiquer, François Bayrou
fera un score à deux chiffres, il ne sera pas possible d’échapper au moins à un
accord, sinon à une alliance avec le candidat UDF, pour pouvoir gagner au
second tour.
Mais qu’il
est dangereux de l’évoquer à une semaine du premier, qu’il est risqué de donner
le signe d’une entente possible, maintenant.
Pourquoi ?
Dans cette optique d’alliance il faudrait au fond que Bayrou et Royal fassent le maximum de voix le 22 avril. Or,
une supposée alliance feraient fuir tout de suite les électeurs de droite
Sarko-hésitants prêt à voter pour Bayrou, et ceux de gauche Sego-récalcitrants
qui vont se retourner sur l’éventail ésotérique des candidats de la gauche de
la gauche.
C’est
dangereux enfin, surtout si cette info, pour l’instant très hypothétique
(beaucoup croient à un Hoax ou un simple mensonge), s’avère.
Cette
saillie de Rocard, vient en réalité ou trop tôt ou trop tard.
Pour l’instant,
il faut surtout que la Gauche ne soit pas éliminée au premier tour. Et on verra
seulement au soir du 22 avril quel genre d’alliance pourra se construire.
11 avril 2007
Le 22 avril ne doit pas être le 21 +1
A 12 jours du premier tour l'incertitude se fait de plus en plus grande. La bataille de chiffonniers que se dispute Nicolas Sarkozy et Le Pen les met tous les deux au premier plan, d'autant que, comme un fait exprès, l'insécurité revient sur le devant de la scène des médias.
Comment les vases communicants vont-ils fonctionner, nul ne peut le dire. Un deuxième passage de Le Pen au second tour n'est toujours pas exclu. Sarkozy, sur le papier, a l'air assuré d'être au second tour, et, effectivement la vraie surprise qu'il pourait y avoir c'est qu'il n'y soit pas. Pourtant, ses récentes déclarations sur le déterminisme génétique, les révélations d'Azouz Begag sur la manière de l'ex ministre de l'intérieur de se comporter, c'est à dire comme un sale type, le deal supposé avec Chirac dont a parlé ce matin le Canard Enchaîné, etc. devraient, dans un pays normal, le faire baisser jusqu'à la zone de turbulence, c'est à dire aux alentour de 20%, zone de danger ou de réussite pour les 4 grands candidats. Mais la France est elle un pays normal, j'oserais dire "génétiquement normal", on le saura bientôt.
Quand à Ségolène Royal, dont la ténacité dans cette campagne m'étonnera toujours, n'arrive toujours pas à occuper le terrain social, ni à faire passer son programme qui, s'il n'est pas révolutionnaire, apporterait le souffle dont la france a besoin. On ne règlera aucun problème de fond pour les décennies à venir, si on ne s'attaque pas à l'éducation. Et, sur ce domaine, c'est elle qui fait le plus de propositions et surtout qui est la plus crédible. Bref. Ca ne passe pas. Néanmoins, on peut compter sur une certaine forme de vote utile qui permettra à Ségolne Royal à ne pas faire revivre aux électeurs de gauche un second 21 avril.
Et tout dépend aussi de l'attitude de ces électeurs vis à vis de François Bayrou. Il y a une tentation Bayrou qui est motivée par de bien peu scrupuleux sondages du deuxième tour qui le donnent gagnant face à sarkozy. Voter pour Bayrou au premier tour pour faire barrage à sarkozy au second tour me semble un calcul dangereux, et ce pour deux raisons.
La première, c'est que rien, absolument rien ne permet de penser que Bayrou gagne "à coup sur" contre Sarkozy. Et une défaite de Bayrou signifierait la disparition de toute forme d'opposition : le PS serait détruit, les députés UDF rentreraient dans le giron de l'UMP, Sarkozy n'aura pas de contre pouvoir.
La deuxième, et bien évidemment la plus grave, c'est que, comme tout a l'air de se jouer dans un mouchoir de poche, c'est que Le Pen passe devant Bayrou et Sego pour affronter Sarkozy au deuxième tour. Et là Sarkozy n'aura pas 82% des voix, c'est assuré. Cette configuration porte un nom : le cauchemar absolu.
Mai ne jouons pas les mauvais augures. Si Segolène arrive deuxième ou première, les compteurs seront en quelque sorte remis à zéro. Une autre campagne commencera. Et le résultat sera certes serré, mais n'est pas joué d'avance.
Pour conclure, toutes les configurations deviennent possibles (décidément).
Et ce suspense est intenable car il y a deux dangers à la clé.
09 avril 2007
Indécis, abstention danger!
Ça y est. La campagne officielle vient de commencer. Et il reste, paraît-il, 42% d'indécis.
Et combien parmi ces indécis, d'abstentionnistes?
Il y a plusieurs catégories d'abstentionnistes. Il y a tout d'abord ceux qui ne sont pas inscrits sur les listes électorales. Ces « exclus »du vote le sont soit par flemme, soit par désintérêt totale de la chose politique, soit parce que, en gros, « les politiques sont tous des pourris, que ce soit X ou Y, c'est toujours la même chose ».
On retrouve bien évidemment ce genre de discours chez des abstentionnistes inscrits.
Il faut se rendre à l'évidence, il y a une frange de la population qui ne votera jamais, pour qui la politique ne peut pas changer la vie. En quelque sorte c'est une abstention de résignation.
Ensuite il y a les abstentionnistes qui s'intéressent, de près ou de loin, à la politique mais qui, malgré l'éventail de candidatures qui se présentent devant eux, ne trouve aucun candidat à son goût. Tels la midinette, la femme ou l'homme recherchant son prince charmant – ou la femme idéale – ils répugnent à donner leur voix à un candidat qui ne corresponde pas exactement à leurs opinions. Il y a, dans cette posture, comme une volonté fusionnelle entre cette partie de l'électorat vers les candidats qui se présentent, volonté forcément frustrée. On n'a jamais appris, par exemple, à ces gens, que « choisir, c'est renoncer », et que, éventuellement, apporter un suffrage, n'est pas donner une bénédiction. Il s'agit là, en réalité, d'une vision un peu romantique de ce que peut être une élection – ne parle-t-on pas, en effet, dans quelques histoires à l'eau de rose, de « l'élu de son coeur »?
Enfin, est né il y a de ça quelques années, une nouvelle catégorie d'abstentionnistes. Ce sont ceux qui sont très au courant de la vie politique française, voire internationale, qui ont, la plupart du temps, déjà voté plusieurs fois, et qui, un peu guidés par la même foi que ceux sus cités, refusent de voter pour un candidat, parce que là, tu vois là, il ou elle a dit un truc qui ne me plaît pas. Ou bien, les propositions sont trop tièdes. Ou bien, si ça avait été un autre candidat du même parti j'y serais allé, mais là non, je ne peux pas. À l'inverse de la catégorie différente, ces abstentionnistes là ne réclame pas un corps à corps fusionnel, mais réponde, en réalité, à des principes plus ésotériques que pragmatiques.
Il est vrai que ces abstentionnistes sont plutôt de gauche, et, même s'ils ne le sont pas, se révèlent très souvent être de farouches anti-sarkozistes.
Ainsi des français qui considèrent Sarkozy comme un vrai danger, voire certains comme un facho, mais qui, de toutes les manières, ne veulent pas aller voter pour Ségolène Royal ou François Bayrou. Non mais franchement, le coup du drapeau. Et il va gouverner avec qui l'autre? De toute façon il est de droite.
Et les petits candidats, de toute façon, ça sert à quoi, hein? Ils ne seront jamais élus.
Mais si c'est Sarko, je me casse, sérieux.
Il y a beaucoup d'orgueil, en réalité, dans ce genre d'attitude. Avec tout ce que ça comporte d'ambiguïté. C'est à la fois ne pas vouloir donner SA voix, presque son sang, à quelqu'un qui ne le mérite pas, et en même temps croire que sa voix, en fin de compte, ne changera rien. Et que, justement, comme ça ne changerait rien, ça ne vaut pas la peine.
Car les choses ne valent que si je peux changer les choses, n'est-ce pas?
« - Mais alors pourquoi se casser si Sarkozy passe?
- Parce que je ne pourrais plus rien changer. »
Qu'on se le tienne pour dit : chaque voix compte. S'il existe un réel danger alors il est de la responsabilité de tous les électeurs de faire en sorte que les français ne le vivent pas. Ça ne veut pas dire qu'ils vont vivre mieux dans un monde de bisounours et de Casimir, ça veut juste dire que le danger sera évité.
« - Ah oui, mais j'en ai marre de voter contre.
Ça vaut toujours mieux que ne pas pouvoir voter du tout. »
06 avril 2007
Plus belle que moi, Rumeur
Que faire de la rumeur sur Sarkozy dont on parle ici ou la?
Pas grand chose à vrai dire, tant qu'on ne sait pas de quoi elle parle, ni la véracité des faits. On en a bien une petite idée ici
et si c'est c'est bien de ça dont il s'agit, cela ne nous intéresse pas plus que ça.
Bien évidemment dans les commentaires que ce soit là ou ailleurs on trouve des circonstances aggravantes.
Ce qui est intéressant, c'est de voir la blogosphère se questionner sur elle même et sur ce qu'elle doit faire ou pas, comme je le fais ici, sur mon propre blog. Etre acteur ou non de la rumeur, tout en en étant un spectateur médusé, c'est à la fois grisant et dangereux. Pour ne rien vous cacher, j'ai même hésité à faire un post sur ce thème.
Surtout que je n'y apporte rien. Aucune révélation, aucune analyse. Comme ailleurs.
Mais ce rien qui fait événement est quand même révélateur d'une campagne vraiment pas comme les autres.
Et nous sommes là à attendre de savoir qui donnera le premier coup de boule qui changera la donne. Il n'aura peut-être pas lieu. Néanmoins, on peut d'ores et déjà prévoir une victoire aux tirs au but, c'est à dire un recomptage des voix. Pas sur que la France soit gagnante.