2007 sans Sarkozy

Analyse au jour le jour, ou à la semaine la semaine, de l'actualité politique en vue de l'élection présidentielle de 2007. Très fortement orienté anti Sarkozy.

25 novembre 2006

Cachez-moi ces dessins que Sarko ne saurait voir

Vous n'êtes pas très chaud pour lire des livres politiques, et on le comprend, déjà que vous vous tapez les blogs des copains pour leur faire plaisir, que vous vous intéressez mollement à l'actualité politique pour ne pas être largué lors du prochain apéro que vous ferez avec l'auteur de celui-ci, alors si en plus vous devez vous taper des pavés écrits tout petit et sans image, ça va être l'overdose. Pourtant, les livres politiques sont souvent écrits gros, et de manière très compréhensibles, et ce n'est pas très intellectuel, vu que la plupart du temps ce sont des journalistes qui les écrivent.  M'enfin. Vous trouvez ça rébarbatif et on vous comprend.
Une petite BD alors? C'est bien une BD, c'est pas trop compliqué.
Voici une petite BD déjà bien vendue, semble-t-il, qui relate le parcours politique de Nicolas Sarkozy, La face Karchée de Sarkozy; de Philippe Cohen, Richard Malka et Riss.
Très bien documentée, citant ses sources, ce bouquin ne fait pas vraiment de concession à notre ministre de l'intérieur. Il est d'ailleurs assez frappant de mettre en parallèlle ce bouquin et le documentaire de Rotman sur Chirac. Chirac, est LE modèle politique de Sarko. La traîtrise faisant loi. Les revirements sont de rigueur. Et l'objectif est le même.  Les raisons de ce goûts de la conquête seules difffèrent un peu. Chirac ne s'aime pas et a tout fait pour s'oublier. Sarkozy s'aime trop par revanche sur les "humiliations" qu'il a subies.
Une Bd à lire donc, même si on essaiera d'oublier le dessin, particulièrement à chier, il faut bien l'avouer.
Pour une autre raison, je ne mets pas la couverture de la bd sur ce blog, vu qu'il représente une caricature de Sarkozy. Or, sur ce blog, vous ne verrez aucune représentation visuelle du Président de l'UMP. Fût-elle dessinée.

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19 octobre 2006

Un doc de Rotman sans filtre

Chirac

J’ai eu l’occasion de voir le documentaire de Patrick Rotman qui passera sur France 2 lundi et mardi prochain et qui retrace à grand coup d’images d’archives et d’interviews de proches collaborateurs et d’autres personnalités le portait de Jacques Chirac.

Je ne saurais que trop conseiller de vous planter devant la chaîne de service public, en prime time qui plus est, pour savourer le parcours sinueux de notre Président de la République.

Qui a lu cette année la Tragédie du Président de Franck Olivier Giesberg et Le pouvoir et la vie tome 3 de Valéry Giscard D’Estaing ne sera pas complètement étonné par les errements et les coups bas qui ont eu lieu tout au long de la carrière de Chirac. Seule la conquête du pouvoir prime, et uniquement elle. Et pour cela, il a réussi.

Mais ce qui fait la force de ce documentaire, c’est que Rotman ne l’égrène pas de commentaires assassins, il ne force pas le trait non plus : il est pourtant irrévérencieux. La juxtaposition des faits sans détour suffit à blâmer Chirac.

Ce qui est formidable aussi, c’est que les français semblent avoir suivi sans trop ronchonner les demi tours fulgurants de la girouette Chirac. Comme si par sa brusquerie il réussissait à faire oublier qui il était 5 minutes avant.

Pour moi qui me souviens de Chirac premier ministre de VGE, la rétrospective est enthousiasmante. Je suis juste étonné que De Carolis ait permis sa diffusion.

Dernier point, il y a un « témoin » du documentaire, bien précautionneux d’ailleurs pour une fois, qui s’inspire directement de Chirac : Nicolas Sarkozy. Même goût de la conquête, prêt à tout, homme de réseau et d’alliances. On a l’impression tout de même que Chirac lui prépare son dernier coup : après Chaban, VGE, Raymond barre, Balladur, il n’en reste plus qu’un à éliminer pour terminer en beauté, c’est Sarkozy. Le dernier combat.

Sarkozy le sait. Raison pour laquelle, peut-être, il prétend s’inspirer aussi de Mitterrand.

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15 octobre 2006

Ainsi gît ce quart de siècle écoulé sans destin

giscard
C'est la première fois que je lis du Giscard. J'ai même pas eu mal. Dans ce troisième tome Du Pouvoir et la vie, notre cher Valéry relate les trois dernières années de son septennat, de 1978 à 1981. Ça tombe plutôt bien, je possède encore quelques souvenirs assez tenace de cette époque, en dépit du jeune âge que j'avais. Et, de fait, de nombreuses images me sont revenues, c'est tout juste si je ne voyais pas le logo de l'INA apparaître en surimpression.
Première particularité du livre, Giscard raconte comme si lui et les lecteurs ne savent pas comment vont se dérouler les événements. Dès lors,il met en scène ses pensées, malheureusement avec un style ampoulé, de façon complètement surranée.
Quelques descriptions balzaciennes viennent brouiller le propos.  Quel est-il d'ailleurs? Rien sinon l'Histoire telle qu'il l'a vécue. Ce qui est déjà beaucoup en somme vu qu'il en était un des acteurs principaux. C'est en fait un bon rappel historique. Je ne me souvenais pas, par exemple, que les prix étaient fixés par l'administration, alors que je me rappelle de la "libéralisation des prix". L'impopularité de Raymond Barre, la prise d'otage de l'ambassade des USA en Iran, l'invasion de l'Afghanistan par les Russes, le mouvement Solidarité en Pologne... tout ça résonne en moi avec la voix de Roger Gicquel. Et accessoirement celle de mon père qui commentait l'actualité que nous regardions tous les soirs, à table, en dînant.
La trahison de Chirac même, le "noeud" du livre, était quelque chose de connu jusque dans mon pavillon de banlieue.
Mais tous ces rappels ont une résonnance vraiment intéressante sur la situation politique d'aujourd'hui. L'importance des sondages déjà, et l'inversion très nette de la tendance entre l'automne et l'élection (Giscard était donné gagnant à 57 % en novembre 1980). Chirac prêt à tout pour conquérir le pouvoir, y compris voter pour son adversaire présumé Mitterand, pour mieux écarter Giscard. Ce même Chirac encore au pouvoir 25 ans après. Mais surtout l'exercice solitaire du pouvoir. Car, en dépit de certains passages assez drôles (Il sait très bien raconter les anecdotes, et manie très bien l'ironie) Valéry Giscard d'Estaing n'arrive pas à prendre de recul sur son passé. Le dispositif choisi d'ailleurs ne le permet pas. Il raconte l'Histoire au présent comme s'il n'y avait jamais eu de futur. Il eût été tellement plus pertinent d'analyser avec ce qu'il sait aujourd'hui.
Je suis persuadé qu'il sait les erreurs qu'il a commises, mais, en dehors de quelques autocritiques sur sa campagne présidentielle, jamais il ne se remet vraiment en questions. Les peurs qu'il avait sur Mitterrand, il ne dit pas si elles étaient justifiées après coup. Que la tactique de Chirac n'a porté ses fruits que 14 ans après non plus. Son non recul vis à vis de la peine de mort est tout simplement effrayant.
En résumé, j'ai eu l'impression de retrouver le Giscard de mon enfance, encore président (c'était d'autant plus flagrant que j'avais sa voix dans ma tête, ce qui fait un drôle d'effet), comme figé, une sorte d'Hibernatus. C'est juste la mémoire du lecteur qui s'est décongelée.

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02 octobre 2006

Sarkozy : Pépin le Bref ou Pépin la bulle?

bullocrates
Je ne saurais que trop  conseiller le dernier livre de Jean-François Kahn, Les Bullocrates. Le toujours très énervant, bien que pertinent, fondateur de Marianne dénonce de manière assez virulente l'enfermement total des décideurs, logés donc dans une bulle prête à éclater. Les propos de ces bullocrates, qui ont trouvé en Nicolas Sarkozy, renommé par l'auteur Petit César, sont relatés dans toute leur obscénité. A travers le mot
Réforme
, par eux tant employé, n'apparaît que des régressions. Lorsqu'ils exultent les privilèges, ce sont les privilèges de ceux qui gagnent 2000 euros par mois au plus, jamais de ceux qui gagnent jusqu'à 600 fois le SMIC. Jusque là me direz-vous, c'est une reprise des propos d'Olivier Besancenot. Que Nenni.
Kahn pense que le néolibéralisme actuel, n'est pas du libéralisme, il abolit la concurrence, il restreint la liberté d'entreprendre et n'accepte, en fin de compte, aucune contradiction. Les méthodes ne seraient pas sans rappeler celles des staliniens de la guerre froide. L'Etat serait remplacé par les actionnaires et les décideurs.
La démonstration est  convaincante, même si, je dois l'avouer, j'étais acquis au postulat.
Là ou je trouve Jean-François Kahn un peu léger, c'est lorsqu'il fustige les déclinologues, qui sont les mêmes bullocrates en perte de puissance. Kahn pense qu'en France il y a des tonnes d'initiatives de la "france d'en bas" complètement laissées de côté par celles d'en haut. Soit. Nous sommes prêts à le croire.  Le problème c'est qu'il ne le démontre pas vraiment. Pendant des pages et des pages s'exhibe une litanie d'oppositions, sous forme interrogatives, qui mettent en scène des "conservateurs" d'en hauts aux vrais réformistes d'en bas. Le problème est qu'il ne cite pas de chiffres, ne développe pas les expériences du terrain qu'il aurait pu rencontrer, il abuse de rhétorique et reste très théorique. Dommage.
Dommage d'autant plus que les chapitres de conclusion sont très informatifs, notamment un petit rappel historique de ce qu'est la droite depuis 1789, très ouverts, et avec une série de propositions qu'il serait effectivement intéréssant de mettre sur le tapis.
Il reste que ce pamphlet est essentiel pour savoir comment ne pas penser comme tout le monde.
Il ne vous fera peut-être pas voter socialiste. Mais vous dissuadera certainement d'apporter votre suffrage à Sarkozy.

Posté par 2007sanssarko à 22:33 - Lecture - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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