2007 sans Sarkozy

Analyse au jour le jour, ou à la semaine la semaine, de l'actualité politique en vue de l'élection présidentielle de 2007. Très fortement orienté anti Sarkozy.

26 janvier 2007

Dahan fils de crao, retourne au territoire des ombres.

Gerald Dahan est un con. Il ne sait pas faire la différence entre faire un canular inoffensif même si énorme, comme celui qu’il a fait à Zidane, et un acte poujado/démago qui vise à discréditer la classe politique en général, Ségolène Royal dans le cas présent.

Non content de lui, il veut maintenant piéger François Bayrou, qui, prévenu, ne se fera sûrement pas avoir.

Qu’importe au fond, qui il a et qui il veut piéger, qu’importe si de telles conneries peuvent faire augmenter le score du front national, cet imbécile heureux de Gerald Dahan aura fait sa propre publicité pour lui-même, alors qu’il n’est qu’un piètre imitateur.

Les blogs se font déjà les gorges chaudes sur la dernière gaffe de Ségolène, « elle veut l’indépendance de la corse ! ». D’autres rappelle que Dahan roule pour Sarko. A la rigueur, on s’en moque de pour qui il roule.

Un brin, juste un brin de responsabilité lui aurait intimé de ne pas révéler l’enregistrement.

C’est juste détestable.

Vous pouvez toujours envoyez vos mails d’indignation sur son site et faire circuler bien entendu cette pétition direct dans boite mail de Dahan. Ce sera vachement drôle. Comme ses blagues.

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22 janvier 2007

Hulot, candidat au recyclage.

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Nicolas Hulot ne se présente donc pas aux élections présidentielles, et je mentirais si je disais que ça ne me réjouissais pas. J’éprouve en vérité aucune sympathie pour ce garçon, ni de réelle antipathie par ailleurs. Il s’agit tout de même d’un animateur de TF1 et rien que pour cette raison, déjà, la méfiance est de mise. Le fait que son émission Ushuaia fut sponsorisée par Rhone Poulenc, tend à faire penser que la prise de conscience égologique fut tardive pour l’animateur vedette.

Evidemment, son combat, je l’approuve. Son pacte, je veux bien le signer, même s’il s’en fout. Et je trouve accablant qu’il ait fallu la menace de sa candidature pour que les autres politiques s’intéressent au réchauffement climatique.

On peut dire qu’il a réussi son coup, et qu’on ne s’en portera sûrement pas plus mal.

On doutera jusqu’aux preuves que son pacte sera appliqué.

Néanmoins, sa candidature eût été très certainement catastrophique. Les français qui, visiblement, ne savent pas voter, auraient certainement apporté beaucoup de suffrage à Nicolas Hulot. La plupart de ces électeurs potentiels se sentent « concernés » par le réchauffement climatique, mais auraient surtout voté Hulot pour sa notoriété.

Car il y a déjà deux autres candidates, Dominique Voynet et Corinne Lepage, qui sont un peu plus « expertes » que Hulot, et qui ont des discours, certes un peu plus techniques mais plus politiques aussi. En même temps, il s’agit d’une élection présidentielle, et pour régler des problèmes écologiques, il faut aussi affronter des situations sociales et économiques.

Mais le goût avéré (et pas encore avarié) des français pour le  « hors système », l’emporte sur une forme de pragmatisme : après tout, les politiques « c’est tous des pourris ».

Personne n’a l’air de s’interroger sur ce hiatus flagrant : être animateur à TF1 et être « hors système » c’est tout simplement incompatible.

Eût-il seulement eu cette folie de se présenter que nous eussions pu retrouver, une fois de plus, Le Pen au second tour, et pourquoi pas, contre Hulot lui-même.

La sagesse de Hulot, me le rend donc plus sympathique. Enfin pas de là à voter pour lui s’il ne se présente pas. Je ne m’appelle pas Azouz Begag !

 

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07 novembre 2006

Le jeu vainement trouble de Chevènement

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A quoi sert Jean-Pierre Chevènement en 2007? De quelle sorte de haute opinion de lui même est-il pétri pour qu’il croit que sa parole a encore du poids ?

Ministre détonnant, multi démissionnaire, Chevènement c’est avant tout un politique qui a de la gueule, et ce malgré quelques traits de ressemblance avec Bernard Menez, regardez bien la manière de pincer la lèvre. Ce fut aussi un ministre de l’intérieur bien plus crédible que l’actuel. D’ailleurs qui de plus crédible qu’un souverainiste pour s’occuper de l’Intérieur ? C’est fait pour ça les souverainistes, c’est fait pour s’occuper des petites affaires internes… ou des grands exploits de la nation, c’est selon. Le problème des souverainistes, c’est qu’on a un peu de mal à les distinguer des nationalistes. D’ailleurs, souvent mus par leur cause commune, les souverainistes s’entraident volontiers, qu’ils soient à gauche ou à droite de l’échiquier politique, une droite qui flirte avec son extrême. Le parcours de William Abitbol est un bon exemple, du groupuscule d’extrême droite Occident dans sa jeunesse, il est passé du côté de Charles Pasqua, l’a suivi au RPF pour finalement soutenir Chevènement en 2002 puis revenir à Pasqua. Bref, le souverainisme, c’est une confrérie, paraît-il républicaine, bien que l’on ne sait plus ce qui se cache derrière ce mot.

Car ça été la grande trouvaille de Chevènement pendant la campagne de 2002 : le candidat Républicain. On ne savait pas trop de quelle république il s’agissait, mais il était ré-pu-bli-cain le Chevènement ! pour ma part je l’aurais bien vu candidat face à Lamartine et Louis-Napoléon Bonaparte en 1848, mais là n’est pas le propos, être républicain, c’est être pour la république, qu’importe que ce soit la deuxième, la troisième, la quatrième, la cinquième, du moment que ce ne soit pas la sixième, qui, elle, fait peur à tous les prétendus républicains ! (Sûrement parce que Montebourg et Bayrou sont du genre à couper des têtes, allez savoir).

Quel trublion ce Jean-Pierre, quand même, renvoyer dos à dos Chirac et Jospin, ça c’était du programme politique ! Personne ne se souvient d’une seule proposition de Chevènement, mais ce n’est pas grave, il a fait 5 % des voix, ce qui eût été loin d’être ridicule si Jospin avait franchi le premier tour. Force est de constater que cet acte de bravoure, cette campagne de panache a été un coup d’épée dans l’eau. Plus personne n’a parlé de Chevènement, il n’a pu peser sur rien dans les élections qui ont suivi, il est devenu inaudible. Ah si, on l’a ressorti et épousseté lors du référendum sur la constitution européenne. Du coup, il a cru que lui et son groupuscule de Mouvement Républicain et Citoyen avait très nettement influencé les 55 % électeurs français qui ont voté non.

Il est comme ça Jean-Pierre, il croit que sa voix porte. Et la France va mal, il l’a dit hier, « tout fout le camp », ma bonne dame. On sent déjà poindre la tonalité de sa campagne. Du jamais vu, jamais entendu, c’est pour ça qu’il faut qu’il y aille Jean-Pierre ! Il va élever le débat !

Il va sans dire que penser que Chevènement va, une fois de plus diront certains, priver le ou la candidate socialiste du second tour est sans fondement. Chevènement n’existe tout simplement plus. Son tour est passé. L’agitateur, cette année, c’est Bayrou, on l’a déjà dit, la place est prise.

 

Chevènement, qui a le même âge qu’Arlette Laguillier, qui est aussi has been que Jospin, ferait mieux de ne pas trop se forcer pour avoir ses 500 signatures. Comme un autre souverainiste en 2002, un certain Charles Pasqua.

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28 octobre 2006

François Bayrou : l'extrème centre qui se veut hors milieu.

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Longtemps François Bayrou nous a fait rire. Le bus au colza, la marionnette des guignols, le positionnement inaudible au centre en faisait  un personnage certes sympathique, peu dangereux, mais aussi peu crédible.
Puis il y a eu la baffe donnée au chapardeur de poche, un regain d'attention et au final un 7% au premier tour des présidentielles, ce qui n'était pas ridicule.
A l'instar de Sarkozy, Bayrou a, pendant ces 4 dernières années, tout fait pour préparer les élections de 2007, se construire une image de présidentiable et élaborer une stratégie qui peut demeurer payante et dont on pouvait deviner les prémices dès la campagne de 2002. Bayrou peut remercier Sarkozy qui l'a bien aidé à justifier son opposition récente, sûrement sincère, et cette fois vraiment audible. Mieux, en dénonçant directement sur  TF1 la connivence des médias avec la Bipolarisation de l'échéquier politique, il a presque transfomé l'UDF en parti contestataire. Cette simple éventualité nous aurait tous fait pouffer il y a quelques années.
Dès lors, on peut légitimement se poser la question de savoir si oui ou non François Bayrou est capable de faire un bon score aux prochaines présidentielles, et jusqu'où peut il aller.
L'existence d'un vrai parti centriste, pilier de la vie politique, capable de s'allier aussi bien avec le parti socialiste qu'avec l'Ump serait nouveau dans la cinquième République, mais sûrement souhaitable. Il vaudrait mieux, par exemple, envisager que le PS puisse aussi bien s'allier avec sa gauche qu'avec le centre et éviter que, comme en Allemagne, l'on soit obligé de faire un gouvernement d'union nationale (ce qui pourrait arriver si justement, il n'y a pas de représentant du centre à l'assemblée) qui amènerait, en France, les extrêmes de tous bords aux élections suivantes.
Reste qu'avec le scrutin majoritaire, il y en fait peu de chance que l'UDF arrive a constituer un groupe sans s'allier avec l'UMP. Ce qui détuirait en un jour une stratégie de cinq ans.
A moins que François Bayrou fasse un très gros score, donc, aux présidentielles, ce qui ne me semble pas impossible.
De plus en plus de gens de gauche, de mon entourage, ou que j'ai croisés sur les blogs, m'affirment qu'ils vont voter Bayrou si Ségolène Royal est investie par le PS! Et, bien souvent, ce sont les plus à gauche ! Certains parce qu'ils croient qu'un  vrai mouvement anti libéral pourra naître si un gouvernement udf-ps est au pouvoir, d'autres parce qu'ils ne peuvent vraiment pas souffrir Ségolène, d'autres encore parce qu'il apprécient l'aspect un peu "révolutionnaire" de Bayrou. Ce coté anti-système pourrait aussi  attirer une frange non négligeable des électeurs du front national, celle qui vote Le Pen non par idéologie, mais parce que "c'est tous des pourris". Si jamais aucun candidat "chiraquien" ne se présente, une partie des électeurs de droite effrayés par Nicolas Sarkozy, et ils sont nombreux, pourraient être tenté par un vote Bayrou. Ce qui au final amènerait quelques millions de suffrages ! Assez pour aller au second tour. Difficile dans ce cas de connaître l'adversaire avec un tel scénario, vu que, comme dirait Morandini, tout est possible.
La force de Bayrou dans cette pré-campagne un peu spéciale, c'est que l'UDF c'est lui. Du coup, pendant que les deux grands camps se déchirent, il peut tranquillement parler du fond. Être en dehors de querelles internes, ça a du bon.
La faiblesse de Bayrou, c'est que l'UDF, c'est lui. Ou plutôt, que l'UDF ce n'est pas grand chose. Un parti de notables chrétiens de province, quand même plutôt à droite, pas très révolutionnaires en somme. Sans véritable appareil derrière soi, ce n'est pas facile de percer.
Ce n'est pas sans rappeler la coqueluche de la pré-campagne de 2002. En novembre 2001, celui qui faisait la surprise avec 14% dans les sondages, qui renvoyait dos à dos Jospin et Chirac, qui avait un parti pour lui tout seul mais un parti rikiki, s'appelait Jean-Pierre Chevènement. 5% à l'arrivée. Tout est possible.

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16 octobre 2006

La présidence lui irait-elle bien, Autain?

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Étant donné que la blogosphère bout actuellement sur Ségolène et les débats, Sarko et ses talons, Madame Royal contre la réserve d’éléphants, le petit Nicolas contre les vilains chiraquiens, je me suis dit qu’il était temps dans ce blog de parler un peu du reste de l’échiquier politique. (A dire vrai, lorsque j’ai vu le terme de « Segocide » sur un blog, je me suis dit, que peut-être on commençait à pousser le bouchon un peu loin). Un jour aussi, on parlera ici des idées et des programmes. Si, si, promis.

En attendant, pour ne pas trop m’écarter du « mouv », quand même, de la blog connection, je m’attarderais quelques instants sur l’éventuelle candidature de Clémentine Autain.

La gauche dite antilibérale, forte d’un cumul de 13 % aux élections de 2002 avait un coup à jouer pour 2007. D’autant qu’elle a été le moteur, à gauche, du non au référendum. Pour l’instant elle l’air de se noyer dans ses divisions, preuve il en est qu’elles ne sont pas réservées aux grand partis. On a cru que Bové allait sauver l’affaire, mais, non Bové, il ne tient pas en place, il va rencontrer Evo Morales, fait un peu le mort aussi, attend qu’on le sollicite, bref, on sait qu’il n’ira pas. Ça se sent.

Buffet risque de partir de son côté récolter 2% pour ridiculiser le Parti Communiste, Laguiller ne veut pas louper sa dernière campagne qui sera la même que sa première, Besancenot y va, peut-être faute de mieux. Il y aura sûrement aussi Daniel Gluckstein, représentant de l’obscur Parti des Travailleurs, qui se démerde comme pas deux pour trouver les 500 signatures (il y a là une véritable enquête à mener, messieurs les journalistes, introduire le milieu des Lambertistes me semble plus difficile que d’entrer en Corée du Nord.).

Et comme par hasard, le Buzz se trouve ailleurs. Et, à mes yeux, il est légitime. En se portant candidate à la candidature, Clémentine Autain a sérieusement ringardisé toute l’extrême gauche. Pas seulement parce qu’elle est jeune, Besancenot aussi l’est, pas seulement parce qu’elle passe bien à la télé, pas seulement parce qu’elle est jolie (on ne va pas le taire) mais parce qu’elle possède à deux atouts principaux : son positionnement sur l’échiquier politique, en dehors des partis, apparenté PCF, mais électron libre, et aussi parce qu’elle met les « mains dans le cambouis » en acceptant d’être Maire Adjointe de Bertrand Delanoé. Ce dernier point, évidemment, rebute les « communistes révolutionnaires » qui ne veulent pas s’allier avec les « sociaux libéraux » qui « font une politique de droite » même « si on fait la différence entre la droite et le Parti Socialiste ».

Si jamais le PCF jouait la carte Clémentine Autain, Besancenot aurait néanmoins tout intérêt à se retirer (ou à faire semblant de ne pas avoir ses 500 signatures), car il pourrait sérieusement se ramasser face à ce personnage cultivé et aguerri aux joutes télévisuelles. Peut-être même, y aurait il une chance pour les antilibéraux de rendre leur discours audible, au delà de l’élection.

Évidemment, si c’est pour attendre le grand soir, alors, peut-être, l’extrême gauche aurait plus intérêt à ce que Sarkozy passe. Les conditions y seraient sûrement plus réunies.

Posté par 2007sanssarko à 17:46 - Ailleurs, en Politique - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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