2007 sans Sarkozy

Analyse au jour le jour, ou à la semaine la semaine, de l'actualité politique en vue de l'élection présidentielle de 2007. Très fortement orienté anti Sarkozy.

07 mai 2007

Perdre l'occasion de sentir une élection.

Au vu des résultats du 6 mai, doit-on parler de la défaite de Ségolène Royale ou bien de la Victoire de Nicolas Sarkozy?
Assurément des deux. Mais il semble bien qu'avec un tel taux de participation, l'avance plus que confortable du candidat UMP et la clarté d'un programme rabâché depuis 3 mois, les français ont approuvé, désiré même, que Nicolas Sarkozy devienne président. Et ce en dépit des mises en gardes et des analyses qui essayaient- en vain - de montrer la dangerosité de Nicolas Sarkozy.
Cette victoire de Sarkozy, c'est le point d'honneur ultime d'une génération qui aura complètement étouffé celle qui suit. On  le sait, le vote Sarkozy est majoritaire chez les seniors. Et, en ce sens, Sarkozy est avant tout élu par les baby boomers aujourd'hui à la retraite, ou pas loin. Une génération qui a connu les trente glorieuses, qui a "fait" mai 68, connu la libération sexuelle, s'est enrichi par la suite, accessoirement ne s'est pas privée pour polluer la planète,  et qui s'est portée en modèle castrateur de la génération suivante, en gros ceux qui sont nés entre 1968 et 1980. Et pour refermer la parenthèse, donc, ils ont élu celui qui justement veut "liquider l'héritage de mai 68". Pour nous laisser à nous, trentenaires et quadragénaires, le soin d'à nouveau retrousser les manches, travailler plus pour gagner plus: en gros montrer ce que nous savons faire. Parce que c'est vrai que jusqu'à maintenant, on nous avait un peu mâché le travail, n'est-ce pas?
Bien évidemment, l'électorat de Nicolas Sarkozy se retrouve dans toutes les classes d'âge, et il ne faudrait pas minimiser l'attrait qu'à eu son discours auprès notamment des classes populaires, notamment en mettant en avant "les problèmes de l'immigration", le marronnier ultime.  Il n'empêche que cette victoire reste à mes yeux celle des grand parents qui veulent  faire "voir la vie" à leurs enfants et petits-enfants (mais comme on ne paiera plus de doits de succession, on aura le pactole pour nos vieux jours, c'est chouette !). Je vous le dis, ce n'était pas la meilleure idée de naître en 1969.
La défaite de Ségolène Royal, s'explique aussi par les erreurs depuis 5 ans du premier secrétaire du parti socialiste.
Logiquement cette élection n'était pas perdable : le candidat de l'UMP était numéro deux d'un gouvernement au bilan plus que contrasté, passablement détesté, et défendant un programme qui ne mettait pas vraiment le social en avant, c'est le moins que l'on puisse dire. En outre, les élections régionales de 2004 laissaient à penser qu'effectivement le Parti Socialiste avait repris des couleurs après la débâcle de 2002.
Mais c'était sans compter sur l’inaptitude de François Hollande d’élaborer une stratégie claire et de mener un parti d’une main de maître. En cinq ans d’opposition on n’a guère entendu le parti socialiste. Il était presque inexistant pendant les manifestations contre le CPE. Il a fallu attendre 4 ans avant d’élaborer à la hâte un projet bancal et au fond pas très moderne. Et du coup, se trimballer ce même projet avant la désignation d’un candidat. Faire des primaires fratricides trop tôt. Laisser la candidate désignée en campagne pendant six mois, qui a du, malgré ses désirs de modernisme et d’affranchissement, quand même broder autour du dit projet – seul lien fédérateur entre des éléphants qui n’ont plus à travailler ensemble.  

Et puis, quoi ?  En face, l’UMP était une machine de guerre quasi indéfectible. Même les chiraquiens le plus rétifs ont fini par rallier Sarkozy. Au PS, François Hollande n’a cessé de vouloir faire la synthèse entre Fabius-Mélenchon-Emmanuelli d’une part, les jospiniens historiques (Vaillant/Delanoë) et les Sociaux démocrates (DSK/Bartolone) d’autre part. Autant dire concilier l’inconciliable.

Enfin, on ne m’ôtera pas de l’idée qu’au moins un ou deux pourcent d’électeurs prêt à voter à gauche, n’était pas prêts à élire une femme présidente. Oh, bien sur ils ne l’avoueront jamais. Ils diront plutôt que Ségolène, ils ne peuvent pas la sentir, trop pimbêche, trop bourgeoise, trop gourde surtout, quelle incompétence, n’est-ce pas ? Et d’ailleurs elle a perdu, c’est bien pour quelque chose !

 

Alors, aujourd’hui, évidemment, je suis très triste. Et aussi un peu en colère.

Certes, je mise un l’espoir d’un dernier sursaut pour les législatives, mais je n’ai plus trop d’illusion. Elles ne peuvent être gagnées que s’il y a alliance avec le Mouvement Démocrate de Bayrou, autant dire que le PS est plutôt prêt à se tirer une balle dans l’autre pied.

 
Quand à moi, j’arrête ce blog aujourd’hui. Il s’appelait « 2007 sans Sarkozy », force est de constater que ce sera avec. Je rouvrirai peut-être un autre blog, que je signalerai ici. En attendant, je vais non pas me reposer pour habiter une fonction mais vaquer à d’autres occupations. Merci aux 20000 visiteurs d’avoir jeter un œil ici. Je laisse les commentaires ouverts.

 

Continuez à voter, à ne pas regarder TF1, lire les blogs, le canard enchaîné… Gardez l’esprit critique, vous en aurez bien besoin.

A bientôt.

 

Pascal.

 

 



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