2007 sans Sarkozy

Analyse au jour le jour, ou à la semaine la semaine, de l'actualité politique en vue de l'élection présidentielle de 2007. Très fortement orienté anti Sarkozy.

20 avril 2007

La pénibilité du pénultième jour

À l’avant-veille du premier tour, je ne me sens ni faire un billet corrosif anti Sarkozy, comme j’ai pu le faire à maintes reprises, ni m’évertuer à montrer combien le vote Bayrou ne menait nulle part, d’ailleurs Jean-Marie Colombani s’en est chargé à ma place, et je pense que ça a eu plus d’impact. Je ne me sens pas non plus aujourd’hui faire la promotion du programme de Ségolène Royal, après tout vous ne venez peut-être pas ici pour ça, et puis le programme on le trouve sur le site du PS, et puis vous devez bien être décidés, là, maintenant à l’heure qu’il est, non ? (on me souffle que pas encore tout à fait pour 30% d’entre vous).

C’est que cette campagne électorale, que je mène bien au chaud derrière mon écran (BACDME pour les initiés), m’a quand même épuisé. Certes moins que les candidats, sorte de mutants physiques, qui ont une capacité à encaisser assez inimaginable. C’est qu’il faut sacrément en vouloir pour devenir Président de la République, un job pas très bien payé, avec beaucoup de responsabilité et qui accorde assez peu de privilèges, au fond, par rapport à celui de dictateur d’Afrique, ou mieux encore, grand leader en Corée du Nord. Et cette force physique et mentale, dont ont fait preuve Sarkozy, Bayrou et Royal, me laisse un peu admiratif, je dois l’avouer.

Mais revenons à l’auteur de ce blog, pour une fois. Épuisé disais-je. Car, même si j’ai pris un plaisir fou à écrire la centaine de billets qui jonchent ce blog, l’anxiété liée à la possibilité de victoire de Nicolas Sarkozy à la présidentielle, anxiété forcément ravivée à chaque acte d’écriture, a vidé l’énergie d’un homme qui, ironie du sort, se lève tôt.

D’autant que sans cesse se pose cette question : à quoi sert ton blabla ? Qui espères-tu convaincre ?

Depuis six mois, il y a eu 12 000 visiteurs, ce qui est assez peu, somme toute. Parmi ses 12 000 visiteurs, beaucoup sont arrivés ici par hasard, en tapant dans Google des mots qui n’avaient rien à voir avec le sujet. Beaucoup viennent en recherchant de l’anti sarko. Ils sont donc déjà convaincus. D’autres encore viennent avec leurs idées et repartent avec. Bref. Il faut se faire une raison, ce blog n’a pas vocation de convaincre. Il fait partie d’une communauté vigilante et libre, et ce n’est déjà pas si mal.

Si le 6 mai 2007, la tête de l’ancien ministre de l’intérieur s’affiche à 20 heures sur nos écrans de télévision, nul doute qu’il faudra que cette communauté ait une structure un peu plus solide pour qu’une opposition se construise et résiste.

En attendant, je me contredis et essaye une dernière fois d’appeler à voter pour Ségolène Royal dès le premier tour, pour que la gauche continue d’exister, pour faire barrage à l’extrême droite, pour porter les valeur opposées au Sarkozysme, pour créer une dynamique de rassemblement au deuxième tour qui sera plus efficace que celle de François Bayrou, pour élire une femme Présidente de la République.



Le pouvoir des mots sans les photos.

Je vous invite à lire ce post de Julie du blog Coming oust,  une excellente analyse de discours de fin de campagne.

Posté par 2007sanssarko à 15:11 - Les mots de la politique - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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