2007 sans Sarkozy

Analyse au jour le jour, ou à la semaine la semaine, de l'actualité politique en vue de l'élection présidentielle de 2007. Très fortement orienté anti Sarkozy.

29 mars 2007

Le changement à Gare du Nord est un long couloir

Il est temps que cette campagne se termine. Il est toujours temps d'ailleurs que les campagnes se terminent. Elles sont trop longues. Elles sont de plus en plus longues. C'est un des effets pervers du quinquennat : elles durent cinq ans.

Effectivement, dès l'annonce de la nomination de Nicolas Sarkozy au ministère de l'intérieur en 2002, nous savions qu'il entrait déjà en campagne. Et pour cause, l'insécurité ayant été le thème de la campagne, il a saisi l'occasion pour se forger une stature d'homme D'État, parfois assez brillamment, concédons le.

Et, de fait, l'insécurité, la sécurité, l'ordre, le désordre, les voyous, les racailles, les fraudeurs, les criminels, les incendiaires, les casseurs, les feignants, ceux qui ne respectent pas les règles, les terroristes, les corses, les grévistes, les clandestins, ont été des termes, des mots, des sous entendus qui ont jonché les discours sarkoziens pendant 5 ans.

Pendant cinq ans, Nicolas Sarkozy a essayé de nous faire croire qu'il avait réussi à prendre à bras le corps le problème de la sécurité, et même réglé les problèmes.

Bien évidemment il n'avait aucune responsabilité dans les émeutes de novembre 2005, il a  même réussi – quel exploit – que les policiers ne fassent pas de bavure.

Assez bizarrement, le thème de l'insécurité s'est fait moins présent en ce début de campagne. Pourtant, Sarkozy était fier de son bilan. Il aurait pu s'en vanter, lui qui est coutumier du fait.

Mais non, le problème des français en 2007, c'est le pouvoir d'achat et la vie chère, et pour cela, la trouvaille du candidat de l'UMP est toute faite : il faut travailler plus pour gagner plus. Comment ne pas y avoir pensé plus tôt ! L'augmentation des salaires, c'est ringard, c'est l'augmentation des revenus qu'il faut, et qu'importe si votre employeur ne veut pas vous donner d'heures sup, il faut se lever tôt (logique, non). Et comme Sarkozy est magnanime, et veut récompenser le travail et bien les plus riches pourront hériter de leurs parents sans aucun frais, c'est magique, non? Et puis les classes moyennes pourront acheter facilement un appartement grâce à la déduction des intérêts sur les impots, ce qui fera que les prix de l'immobilier augmenteront encore plus, et que plus personne, à terme, ne pourra se loger. C'est chouette, non?

Avec tout cela, Nicolas Sarkozy est encore donné gagnant dans les sondages.

Le grave incident de Mardi dans la gare du nord remet automatiquement le thème de l'insécurité dans la campagne.

Il n'est pas du tout question de donner raison au fraudeur, aucun responsable de la gauche de gouvernement ne pourrait le faire.

Mais que l'on puisse juste s'étonner qu'il y ait eu un mouvement spontané de gens qui n'étaient pas tous jeunes, et pas tous avec des capuches,  est proscrit par l'ex ministre de l'intérieur.

Que l'on  mette en doute la réussite de son action dans ce ministère qu'il avait quitté la veille, et ça y est, on est classé définitivement du côté des fraudeurs. Qu'une bonne partie des policiers se plaignent car ils ne peuvent plus faire d'enquête car « ils doivent faire du chiffre », Nicolas Sarkozy ne veut pas l'entendre.

Et pendant ce temps, Le Pen engrange des voix. Car les images en boucles, sont celles de casseurs. Normal ce sont des images. Et les images n'expliquent pas tout. Et comme les journalistes n'expliquent plus, le Front National, et dans une mesure plus  vendéenne Philippe de Villiers sont là pour vous expliquer. Notez d'ailleurs la différence de traitement pour les deux candidats d'extrême droite, la surenchère est clairement du côté de De Villiers. Le Pen attend, comme sa marionnette des Guignols.

Il est temps oui, que la campagne se termine vu que les propositions économiques des uns et des autres, qui existent, sont tues. Et que les trois semaines qui restent sont à la merci de la moindre info sulfureuse.

Il est temps qu'un vrai second tour avec un vrai débat permette de départager deux visions de la société.

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26 mars 2007

Un départ un peu trottoir

Enfin !
Le 26 Mars 2007 pourrait être une date très importante : celle qui ferait disparaître Nicolas Sarkozy du gouvernement pendant au moins cinq ans.
Cinq ans sans Sarkozy, ça fait rêver...
Il faudra juste que je trouve un autre sujet de blog.

Ps : notons tout de même, au passage, et j'espère pour une dernière fois, cette suffisance qui caractérise le candidat UMP à temps plein à qui il suffit " de changer de trottoir" et qui vante sa "Baraka". Et les dialogues ne sont même pas de Michel Audiard!

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25 mars 2007

De l'art ou du cochon?

J'ignorais ça. Bon l'affaire a été entamée sous Daniel Vaillant, mais bien évidemment reconduite par le parquet sous Sarko.

Pour faire simple, le dessinateur Placid a été condamné à 500 euros d'amende pour avoir représenté un policier en cochon par le biais d'un dessin.

Donc dessiner un policer en cochon est visiblement plus grave qu'une caricature de Mahomet.

Je croyais que l'excès de caricature était préférable à l'interdiction de caricature.

Et , entre nous osit dit, pour arrêter une directrice d'Ecole devant ses élèves, il faut bien être un peu porcin, non?

Allez, soutenons Placid sur ce site : http://touscochons.blogspot.com/
C'était ma BA du dimanche

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23 mars 2007

Les sondés ne sont pas jetés.

A un mois du premier tour, donc, les sondages nous apportent cette précieuse information : plusieurs scénarios sont viables, et les instituts ne sont pas capables de donner des résultats sur lesquels on peut se fier.

Lors que le même jour, pour Ipsos, Sarkozy est à 31% devançant Ségolène de 7 points (54/46 pour le deuxième tour) et que CSA donne égalité 26/26 et 50/50, on se rend bien compte qu'il y a un problème.

Qu'un Bayrou, non qualifié pour le second tour monte jusqu'à 57% au deuxième tour face à Sarkozy et 60% contre Royal, est tout simplement irréaliste. Car, même si Bayrou au second tour, c'est possible, de tels écarts seraient pour le coup, révolutionnaires.

De tout manière, tout sondage pour le second tour à l'heure actuelle me semble totalement superflu, et même devrait être interdit. Tant qu'on ne connaît pas le rapport de force, les désistements, les appels à l'abstention etc. nul ne peut préjuger du second tour. Surtout pour le scrutin de cette année, si atypique.

Pour en revenir au premier tour, Le Pen semble toujours sous évalué. Et comme l'a fait remarquer l'autre jour Chritophe Barbier, il n'y a jamais eu au scrutin présidentiel, de candidats entre 8,6 et 14,5 %, sorte de frontière où se situent d'un côté les petits candidats, de l'autre les grands. Un Le Pen à 12% reste du coup peu probable. Il est fort à parier qu'il sera au minimum à 16, et on sait qu'avec 16% on peut être au deuxième tour !

Pour cela il faudrait quand même que les autres s'effondrent, et notamment Nicolas Sarkozy. Il a une base solide, il a droitisé son discours, ce qui peut retenir les transferts des électeurs du  FN mais qui peut aussi faire fuir les électeurs de droite plus modérés vers Bayrou, au dernier moment. L'autre élément à prendre en compte, c'est la présence d'un Candidat CPNT. En effet, les chasseurs sont traditionnellement plutôt à droite, mais quand même naturellement plutôt chasseurs, et fourniront surement un nombre de voix plus proche de 3 % que le 0,5 dont est actuellement crédité Frédric Nihous. Et ça, c'est autant de voix prises à Sarkozy.

Quant à Ségolène qui a aussi une base solide, l'inconnu réside dans le passage à l'acte des électeurs tentés par François Bayrou. Elle peut aussi de nouveau perdre sur sa gauche, vu l'étal bien achalandé.

Une chose est certaine, il ne faut pas voter en fonction du second tour. S'il existe un vrai mouvement anti Sarko alors il profitera autant à Bayrou qu'à Royal au second. Mais une Royal dépassant Sarko dès le premier tour, ça aurait autrement plus de gueule et fermerait peut-être le clapet de celui qui veut virer la direction de l'information de France 3.

C'est peut-être là notre chance : les excès de notre encore ministre de l'Intérieur, bien plus insupportables en réalité que ceux de Royal et Bayrou réunis, commencent à poindre et à percer la frontière du confidentiel. La carapace commence à craqueler. Aux électeurs de Royal de ne pas craquer, maintenant.

 

 

LO, le soleil brille brille, brille

A un mois du premier tour, nous n'avons qu'une seule certitude : il y a douze candidats. C'est à peu près ce que j'escomptais il y a 2 mois. A l'époque Bové n'était pas encore candidat, et je pensais que Nicolas Dupont Aignan aurait ses signatures. Mais bon douze candidats ce n'est pas peu, surtout avec 2 trotskistes, 1 communiste, 1 lambertiste, 1 altermondialiste, bref 5 candidats à la gauche de la gauche. Allez expliquer ça à un journaliste étranger ! D'autant que, si l'on regarde les sondages, (ce qu'il ne faut pas trop faire, on va y revenir), La gauche dans son ensemble ne dépasserait pas 35% son score historiquement le plus bas.. C'est bien la peine de fustiger la société de consommation ! Trop d'offres tuent l'offre ! Il eût fallu en revenir aux fondamentaux, Arlette, Olivier, Marie-George, José (Laissons Gérard se taper son steack de cheval matinal) ! Ne faire de votre offre qu'elle soit une et indivisible ! Comme au bon vieux temps ! Au lieu de ça, vous voilà, vous, incroyants de la première heure en train de vous accrocher à votre paroisse comme la vigie à son mat, l'huître à son rocher, Sarkozy aux résultats de médiamétrie.

Cela dit, avec le temps de parole équitable, qui l'est peut-être plus que le commerce du même nom, ça donne l'occasion aux auditeurs, téléspectateurs, gens de toutes sortes, d'entendre quatre à cinq fois le même message. Et du coup, ô surprise, on entendra 4 à 5 fois plus, « le smic à 1500 euros tout de suite », que « il faut travailler plus pour gagner plus », pendant un mois ! En quelque sorte, les candidatures de la gauche de la gauche sont d'utilité publique. Et là on retombe sur nos pattes. C'est beaucoup plus cohérent comme ça. Finie la société de consommation, les candidatures d'Arlette, Olivier, Marie-George, José  et même de Gérard après tout, qui vient de terminer son steack, sont un service public !

Vraiment quelle l'abnégation ! j'en entonnerai bien l'internationale, tiens !

18 mars 2007

Pire qu'un film de Besson, un livre de Besson

Souvenez-vous de Jean-Pierre Raffarin, citant Laurie comme référence, et invoquant la « positive attitude ».  Cette semaine, nous avons pu remarquer un autre phénomène : la « traîtrise attitude ». Particularité de ceux qui se sont ralliés à cette mode : ce sont des ex-jospiniste. La cible de leurs aigreurs : Ségolène Royal.

Commençons d'abord par le sourcilleux Claude Allègre. Quel autre personnage ayant exercé quelques responsabilités dans  la République puisse inspirer aussi peu de respect que lui, outre Douste Blazy pour les raisons que chaque observateur de la vie politique connaît?

Claude Allègre.

Ce ministre de l'Éducation nationale qui ne faisait pas que haïr les profs : il le faisait savoir.

Un type qui fait prendre des risques à l'humanité en mettant en doute le réchauffement climatique, sous une caution scientifique que, bien entendu, le quidam lambda ne peut comprendre.

Un chic type en quelque sorte.

Alors, qu'il annonce en fanfare qu'il ne votera pas Ségolène Royal, parce que, il n'est pas d'accord avec ses positions scientifiques (sic), ne nous étonne guère, ni ne nous émeut. Ce qu'il reproche, en fait à Ségolène Royal, c'est son ambition.

Eric Besson, vous savez, celui qu'on connaît à force de nous demander si on le connaît, lui, a carrément écrit un livre à charge contre Ségolène Royal, pour annoncer qu'il ne voterait pas pour elle alors qu'il soutenait sa campagne, il y a encore un mois. Les quelques feuilles qu'on a pu lire de ci de là, ne démontre pas grand chose, sinon que Ségolène Royal a un sale caractère, qu'elle est ambitieuse (tiens donc), qu'elle n'en fait qu'à sa tête, et que scientifiquement (tiens donc) ce n'est pas une moderniste (en gros elle veut réduire les centrales nucléaires).

Ce n'est pas la première fois que je lis, que j'entends, qu'on me dit, que Ségolène Royal a un sale caractère, et d'ailleurs, il y a toujours quelqu'un qui connaît quelqu'un d'autre qui bosse en Poitou Charente qui peut l'attester. C'est fou le nombre de gens qui bossent en Poitou-Charente.

Bon, admettons que Ségolène Royal ait vraiment un sale caractère, qu'elle ne soit pas sympathique et qu'elle ait une ambition démesurée, ce que je n'ai, en fait, aucun mal à croire. Admettons ça et demandons nous en quoi est-ce incompatible avec la fonction de Président de la République.

Tous ceux qui comme moi lisent le Canard Enchaîné, savent bien que les milieux politiques ne regorgent pas d'enfants de coeurs. Nicolas Sarkozy piquent de très grosses colères auprès de ses collaborateurs et les traite de connards régulièrement. Il n'est d'ailleurs pas quelqu'un que l'on pourrait qualifier de sympathique, mais Mitterand ne l'était pas plus, n'est-ce pas?

François Bayrou a une réputation de pingre et fait preuve, paraît-il d'une immodestie à faire pâlir celle de Sarkozy.

Mais pourrait-il en être autrement? Ne faut-il pas une ambition démesurée, être mu par des forces inexplicables pour vouloir être Président de la République? Ne faut-il pas non plus une certaine folie?

On vient d'avoir douze ans d'un Président sympathique et qui ne s'aimait pas, en plus, on a bien vu le résultat !

Autre chose, dans le livre de Besson, il est reproché son inconstance, le fait qu'elle ne prévient pas quand elle change d'avis, etc. Pourtant, il y a plus de constance dans la ligne de Royal que dans celle de Sarko, il suffit de relire tous les discours depuis un an de ce dernier pour s'en rendre compte.

Dès lors, il m'est difficile d'expliquer autrement l'acrimonie belliqueuse des deux honteux traîtres que sont Besson et Allègre que par un réflexe machiste et misogyne qu'ils nieront, bien entendu, même sous la torture. Pourtant, il me parait presque évident que cette figure de mère autoritaire à pu créer des ressentiments énormes pour ces deux figures qui ont accompagné l'échec de Lionel Jospin. Et que, parce qu'ils n'ont pas fait l'analyse nécessaire, sans doute, qui les aurait libérés d'un complexe d'oedipe mal négocié, ils n'ont pu supporter les commandements égocentriques d'une femme politique qui (sur)joue de sa féminité.

Mais au fond, qui se soucie de l'avis de Claude Allègre et d' Eric Besson?

Posté par 2007sanssarko à 18:29 - Et pendant ce temps, au parti socialiste... - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

14 mars 2007

QCM pour rester en France

Qu’est-ce que l’identité nationale selon Sarko ?

Une émission de Pascal Sevran ?

Un concert de Johnny Halliday ?

Jean-Jaurès, Blum ? ou bien Rivarol ? (pas le quotidien d’extrême droite, hein, juste le contre révolutionnaire), Jeanne d’Arc ? Saint-louis? Les croisades?

Voyage au bout de la nuit de Céline ? Belle du Seigneur de Cohen ?  (les deux seules fiches de lecture que l’élève Sarkozy a du faire au lycée).

Un pétard en phase terminale de Doc Gynéco ?

Un week-end à Disneyland Paris ?

Les mots de vocabulaire de De Robien ?

Comment tu vas faire toi, enfant de Bamako, inscrit à l’école de la République Française, pour faire tiennes toutes ces références culturelles ?

Peut-être en regardant Les Enfants de la Télé d'Arthur, tiens.

 

Posté par 2007sanssarko à 19:02 - Anti Sarko - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

12 mars 2007

Au revoir Môssieur, bonjour Madame

En 26 ans, nous aurons connu deux présidents.
Le 17 mai 2007, il n’y aura, si tout se passe bien, que deux ex présidents de la République encore en vie.
Mon plus lointain souvenir de Jacques Chirac remonte à mes 5-6 ans, il était premier ministre de Giscard. J’ai toujours connu Jacques Chirac.
Ce sera ma première élection présidentielle sans Chirac.
Et je n’éprouve aucune nostalgie.
Ce n’est pas la page de Chirac qu’il faut refermer, c’est celle de cette Cinquième République écrite et maintenue par une génération accrochée la France de l’après guerre et dont Le Pen est le seul survivant, politiquement s’entend.
Les trois candidats qui ont une chance de devenir Président le 6 mai apparaissent comme relativement neufs, alors qu’ils ont plusieurs décennies d’expérience. Il n’empêche que c’est pour cela que cette élection ne ressemble décidemment pas aux autres.
Mais pour qu’un réel changement s’opère vraiment, ne faudrait-il pas profiter que, pour la première fois, une femme puisse accéder à la plus haute fonction ? D’autant qu’elle propose une réforme en profondeur de nos institutions ?
En élisant Ségolène Royal, on a la certitude que le changement sera effectif, on en aura fini avec la politique de papa. Et peut-être que ce changement vaut tous les risques.

09 mars 2007

Décliner son identité c'est le déclin des valeurs de solidarité

Notre Hugo Chavez de droite national nous a gratifiés hier d’un show comme il sait si bien le faire dans l’émission A vous de juger animée par la poilante Arlette Chabot.

L’on a vu l’expression d’une connivence entre notre ministre de l’intérieur et le peuple français, les fameux vraies gens, représenté par un échantillon comme il se doit, on est rôdé. Une véritable empathie a semblé s’installer entre Sarkozy et son tout nouveau pote Paulo, « je peux vous appeler Paulo ? ». Et que l’on lance quelques petites vannes pour faire rire l’assistance (« Clichy la garenne, ou Clichy sous bois ? » ). Et que l’on dit des « foutu », « bosser », pour faire encore plus peuple. Et que l’on fait des fautes de syntaxe (« l’erreur qu’on a fait »)  pour dissiper que l’on a été maire de Neuilly. Non, il n’y a pas à dire, c’était du grand art.
On compte les points avec l’éditorialiste du Monde (« vous m’avez bien eu avec DSK ! », « un point partout ») . On rappelle sa complicité avec tout le monde : « j’avais d’ailleurs eu une correspondance avec vous sur ce sujet », « je connais très bien Nicolas Hulot » (qu’il a par accident, tutoyé par un « attends » ). Et quand, par malheur, une petite opposition s’adresse à lui par la pourtant très obséquieuse Arlette Chabot, il fait mine de s’en offusquer : « pourquoi êtes-vous désagréable avec moi aujourd’hui, mademoiselle Chabot  ? » (rires dans le public). Règlera –t-il ses comptes avec la directrice de l’information de France 2 comme il l’a fait avec Edouard De Rotschild ? pas impossible.
Et sur le fond ?
Toujours pareil, travailler plus pour gagner plus, supprimer les droits de succession, limiter le droit de grève, bref la routine.
La routine, sauf la création de ce ministère.
Celui de « L’Immigration et de l’identité nationale ». Sur l’instant je n’avais pas tiqué. Mais ces mots écrits côte à côte… Déjà qu’un ministère de l’identité nationale tout court ça fait froid dans le dos !
J’ai juste l’impression que chaque nouvel immigré devra passer à la douche de l’identité nationale.
A la douche.
Dommage que Papon soit mort, il aurait pu lui proposer un poste. Pourrait-on suggérer Raymond Barre ?

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07 mars 2007

La supercherie du nouveau super chéri des sondages

Depuis 6 mois on attend la surprise de cette présidentielle. Parce que, paraît-il, c’est une sorte de rituel immuable, les français sont d’incorrigibles farceurs qui décident de voter comme bon leur semble. C’est pour cela que tous les yeux sont rivés vers la montée spectaculaire de François Bayrou dans les sondages. La surprise, dit-on, c’est lui.

Pourtant le scénario était prévisible depuis plusieurs mois. Sa croisade contre TF1 et l’ « establishment » dont il fait pourtant partie,  à une époque ou le PS et l’UMP étaient occupés dans leurs contradictions internes respectives, a percé la glace de l’indifférence.

Mieux, au fur et à mesure que se dessinait un duel féroce entre Sarkozy et Royal, deux personnages provoquant une irréversible acrimonie dans le camp d’en face, et, c’est là la particularité de cette élection, aussi dans son propre camp, un boulevard s’ouvrait pour l’atypique, bien qu’apparemment consensuel, François Bayrou.

Qui semble vouloir voter Bayrou, en dehors de l’électorat résiduel de l’UDF ? D’après les instituts de sondages, les classes moyennes à aisées, celles que l’on nomme les bobos.

Et effectivement, Bayrou, c’est un peu le candidat Naturalia, on ne sait pas vraiment si ça peut nous être bénéfique, mais ça ne pas nous faire de mal, et puis, c’est tellement plus chic de voter pour quelqu’un du terroir !

En se posant en gestionnaire comme un « bon père de famille », il rassure plus qu’il n’inquiète (alors que les Sarko Ségo sont « anxiogènes », c’est bien connu). Et puis il a 6 enfants ! c’est à la mode les enfants, les français n’arrêtent pas d’en faire !

C’est pourquoi après avoir détourné des voix à Royal, il commence maintenant à en piquer à Sarkozy. Bayrou rassure.

Petit aparté : Les  4 candidats pouvant espérer arriver au second tour sont tous catholiques. Néanmoins c’est François Bayrou qui correspond le plus  à une image traditionnelle dela Famille. Sarkozyet Le Pen ont vécu tous deux un divorce, Hollande et Royal ont comme une sorte de hiatus : leur non mariage.

Bayrou, donc, bon père de famille, propose une gestion de la France économe : il faut réduire la dette. Avouez que le programme n’est pas très vendeur pour qui gagne le smic. En revanche, il séduit bien la frange de l’électorat soucieuse que « ça » ne dérape pas, sans que ça tombe dans la droite dure et libérale, terriblement opposée aux valeurs « bohème » un tant soit peu revendiquée.

Car l’habileté de Bayrou a été de dépoussiérer son image de démocrate chrétien un peu bigot. Déjà en se débarrassant de Christine Boutin. Puis en ayant perdu sans le vouloir tous les pontes UDF un peu trop « tradi », et au fond complètement nuls, Méhaignerie, Douste et j’en passe. Ce qui fait qu’à l’UDF, il ne reste plus grand monde, et qu’hormis Hervé Morin, Marielle de Sarnez et Jean Marie Cavada, on ne sait pas très bien de quoi est composé l’UDF.  Ah, si, il y a bien Jean Christophe LAGARDE, le maire de Drancy, brillant orateur que l’on voit souvent  sur les plateaux télévision. Il est juste à noter que ce monsieur a été un des 47 signataires en 2004 d’une proposition de loi visant à rétablir la peine de mort pour les terroristes. C’est dire qu’à l’UDF ce ne sont pas les derniers pour la déconne ! Soit, ce même Lagarde s’est empressé de faire oublier cette calamiteuse prise de position en votant l’inscription de l’abolition de la peine de mort dans la constitution il y a deux semaines. C’est qu’on le voit bien le bougre vouloir profiter de l’ascension de Bayrou - on dit « se placer »- et il ne fallait pas faire tâche. Bref François Bayrou, lui est « clean ». Il a évolué, et est prêt à reconnaitre une union civique entre homosexuels, et même à accepter l’adoption simple, ce qui est un pas de géant pour ce catholique pratiquant !

C’est là que l’on voit tout le pragmatisme du candidat centriste. C’est en le comparant à Nicolas Sarkozy. Je suis persuadé que ce dernier n’est pas opposé à l’adoption par les homosexuels. Mais il ne veut ni brusquer son électorat, ni encore moins ses soutiens anciens ou récents, dont la fameuse Christine Boutin.Alors que Bayrou a sûrement une conviction intime contraire à ce qu’il prétend, mais il a senti l’air du temps et compris qu’un centre ne pouvait exister que s’il était laïc.

Dès lors, nous pouvons prétendre que Bayrou sonne le glas dela Démocratie Chrétienne.

Mais, une fois ce constat fait, on ne peut que considérer l’indigence du programme Bayrouiste, dont les tenants économiques restent tout de même bien ancrés à droite. C’est que, dit le concerné, il ne faut rien promettre de ce qu’on ne peut tenir. Et, effectivement, de ce point de vue, c’est une belle réussite. Les diagnostics sont souvent justes, les remèdes faibles. Qu’importe au fond, se dit l’électeur, il y en a marre d’être déçu. Et le meilleur moyen de ne pas décevoir les gens, c’est de ne rien leur promettre !

En outre, voter Bayrou, pensent sûrement certains, c’est éviter un déchirement entre français, c’est le candidat de la réconciliation ! D’ailleurs, c’est dans son programme : on prend les meilleurs de chaque camp.

En vérité, Bayrou n’a que deux alternatives qui seraient de toute manière bénéfiques pour lui : soit il se retrouve face à Sarkozy au second tour, soit il soutient Royal s’il se retrouve troisième. Le pire scénario pour lui serait de se retrouver face à Royal, car alors tout l’UMP comme un seul homme s’acoquinerait avec lui. Et il risquerait de perdre de la crédibilité fraîchement acquise. A moins que boudeuse, l’UMP fasse perdre Bayrou comme Chirac a fait perdre Giscard en 1981.

Le candidat UDF devient scénariste à suspense – presque -  malgré lui.

Mais au bout du compte, on sent bien que la Cinquième République, à laquelle pourtant il veut mettre fin, sert sa seule ambition : devenir Président dela République. Aidé d’un calendrier inversé par Lionel Jospin, qui eût mieux fait de se casser une jambe le jour où il a eu cette idée, François Bayrou a de fortes chances d’être notre prochain Chef d’Etat.

Ce ne serait pas pour me réjouir. Mais on aura échappé au pire. Tout Bayrou dans cette dernière phrase.

 

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