23 février 2007

Au croisement, à gauche

Depuis une semaine la campagne de Nicolas Sarkozy patine. Après avoir réussi à tenir le devant de la scène depuis le 14 Janvier,  trois éléments sont venus perturber son envolée.

D’abord l’émission de Lundi avec Ségolène Royal, qui l’a remise dans

la course. En

battant Sarko à l’audimat, elle a au moins déstabilisé son adversaire, friand des données de médiamétrie.

Ensuite l’irrésistible percée de Bayrou dans les sondages. Selon un phénomène bien rodé, plus il monte dans les sondages, plus on en parle dans les médias, plus il monte dans les sondages. En gros, on fait avec Bayrou ce qu’on a fait avec Ségolène l’année précédente. L’UMP n’a nulle envie de se retrouver face au candidat de l’UDF au second tour. On ne sait pas bien trop pourquoi. Comme je l’ai déjà dit, je n’imagine pas la gauche voter comme un seul homme pour Bayrou au second tour. Toujours est-il qu’on a plus entendu parler de Bayrou que de Sarkozy.

Car enfin l’autre petit problème de Sarkozy, c’est que les couacs de son camp, quoique discrets, n’en ont pas moins laissé des traces. Après avoir dit « être entouré de connards » (cf. Canard Enchainé de cette semaine) suite aux cafouillages sur le financement de son programme (« bien sûr qu’on ne tiendra pas tout, mais il ne faut pas le dire »), on sent bien que Sarko n’a rien sous la main à nous proposer.

En effet, si « l’allocation dès le premier enfant » seule vraie carotte de son programme, est reporté aux calendes grecques, il va falloir trouver autre chose.

Du coup, cette semaine Sarkozy a parlé d’Europe. Mais l’Europe, or période référendaire, ce n’est pas très vendeur. Surtout que Sarko ne sait pas vendre l’Europe. Il n’a pas su (ou voulu) défendre le oui, et au fond l’Europe, ce n’est pas vraiment ce dont il aime parler. Et d’ailleurs on ne l’entend pas.

Et manque de bol, Royal réorganise sa campagne et même Jospin revient ! Alors on va entendre Stone et Charden  Rachida Dati et Xavier Bertrand crier au retour des éléphants, ils vont se moquer un petit peu, c’est de bonne guerre. Mais est-ce que ce sera suffisant pour remettre Nicolas Sarkozy en avant ?

Car la petite baisse de ce dernier dans les sondages ne doit pas s’éterniser s’il veut rester dans

la course. Une

inversion fin février est d’expérience (mais est-ce une science exacte ?) fatale.

Nul doute qu’il se prépare rue d’Enghien une contre attaque d’envergure. Mais maintenant l’UMP doit tirer sur deux fronts : le PS et l’UDF.  Et l’autre front, le national, n’a pas encore dit son dernier mot. Dès lors Tout devient possible.

Posté par 2007sanssarko à 19:13 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

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