29 janvier 2007
Présidentielles : qui passera son tour?
Trois mois avant l’échéance, nous avons déjà vu que les sondages n’étaient pas vraiment en mesure de nous donner des résultats fiables. Ces derniers jours, la relative baisse de Ségolène, la remontée de Bayrou, et, dans une moindre mesure de Besancenot, le retrait de Hulot et la candidature probable de Bové pourraient permettre d’affiner des pronostics. Or, la seule chose que nous pouvons prévoir, c’est que rien n’est joué.
Comment croire en effet que Le Pen ne dépasse pas 11 % ? Cela voudrait dire que Sarkozy a attiré un certain nombre d’électeurs du Front National. Des électeurs par définition volatiles qui peuvent retourner dans leur vote d’origine en cas de recentrage trop prononcé de la campagne du candidat de l’UMP. Si l’on note, de plus, que Le Pen va attirer un certain de primo votants, notamment dans la population issue de l’immigration (Voir le Marianne de cette semaine), on sent bien que son score présumé est sous évalué. Ou pas. C’est tout le problème. D’autant que nous ne savons toujours pas si Nicolas Dupont d’Aignan aura ses signatures et si De Villiers est susceptible de piquer des voix à Le Pen.
On peut néanmoins penser que Le Pen fera de10 à 20 %
De même la montée de François Bayrou est très fragile. S’il semble attirer des déçus du Ségolènisme, certains rentreront peut-être dans le giron après l’annonce du programme. D’autres, déçu du Sarkozysme pourraient très bien grossir les rangs de ses partisans. Dès lors, il s’agit du candidat qui a la plus forte amplitude de suffrages éventuels au premier tour. En gros de 6 à 20%. Peut-être même plus.
Il me paraît ridicule en revanche de penser que les deux candidats favoris totalisent à eux seuls plus de 60% des suffrages. Sarkozy semble toutefois avoir un bon socle, et, à défaut d’une candidature « Chiraquienne » il paraît peu probable qu’il descende en dessous de 22%. A moins que le vent des bourdes souffle dans sa direction. Ségolène Royal quant à elle peut descendre beaucoup plus bas. Car ses électeurs potentiels peuvent se reporter aussi bien sur Bayrou que sur Voynet, et, plus chichement, sur Buffet, Bové et Besancenot. Néanmoins, le précédent du 21 avril, et un rappel au vote utile devrait limiter les dégâts. 18 % me paraît un plancher déjà dangereux.
Reste que quatre candidats sont susceptibles d’aller au second tour, l’absence de candidature unitaire de la gauche antilibérale excluant l’avènement de la « France du non ».
Examinons donc les 6 possibilités du deuxième tour :
Sarkozy-Royal
Demeure l’hypothèse la plus probable en tout état de cause. A cause essentiellement du 21 avril 2002. Cependant en Janvier 1995 Balladur était encore au second tour. Donc méfiance.
Sarkozy-Bayrou
Hypothèse qui n’est pas à écarter en cas de chute
spectaculaire de Ségolène Royal. Si ce dévissage intervient dans les toutes dernières
semaines de
la campagne. Si après l’annonce du programme, c'est-à-dire fin février, Royal est à 18 ou 15%, il faut s’attendre à un changement de candidat, genre un appel à Jospin.
Sarkozy-Le Pen
Hypothèse très peu probable. Fort heureusement. Sauf abstention massive (une participation à hauteur de 65-68% par exemple)
Royal-Le Pen
Ce cas de figure était plus envisageable il y quelques mois que maintenant. Encore qu’un trop fort recentrage de Sarkozy, doublé d’une actualité « sécuritaire » comme en 2002, pourrait radicaliser une partie de l’électorat de Sarko.
Royal-Bayrou
L’hypothèse la moins probable. A moins d’une disparition physique de Nicolas Sarkozy. Ou bien un total pétage de plomb de ce dernier.
Bayrou-Le Pen
L’hypothèse la plus farfelue sur le papier. Et pourtant un rejet total du match annoncé Sarko-Sego pourrait donner cette tête d’affiche inédite. Cela créerait une soirée électorale bidonnante, imaginez seulement la tête des journalistes.
Quoiqu’il en soit, hormis le duel attendu, tous les autres cas de figure se joueraient autour de 20%. Le taux d’abstention sera une fois de plus décisif. Et les sondages à analyser qu’avec la plus grande précaution.
26 janvier 2007
Dahan fils de crao, retourne au territoire des ombres.
Gerald Dahan est un con. Il ne sait pas faire la différence entre faire un canular inoffensif même si énorme, comme celui qu’il a fait à Zidane, et un acte poujado/démago qui vise à discréditer la classe politique en général, Ségolène Royal dans le cas présent.
Non content de lui, il veut maintenant piéger François Bayrou, qui, prévenu, ne se fera sûrement pas avoir.
Qu’importe au fond, qui il a et qui il veut piéger, qu’importe si de telles conneries peuvent faire augmenter le score du front national, cet imbécile heureux de Gerald Dahan aura fait sa propre publicité pour lui-même, alors qu’il n’est qu’un piètre imitateur.
Les blogs se font déjà les gorges chaudes sur la dernière gaffe de Ségolène, « elle veut l’indépendance de la corse ! ». D’autres rappelle que Dahan roule pour Sarko. A la rigueur, on s’en moque de pour qui il roule.
Un brin, juste un brin de responsabilité lui aurait intimé de ne pas révéler l’enregistrement.
C’est juste détestable.
Vous pouvez toujours envoyez vos mails d’indignation sur son site et faire circuler bien entendu cette pétition direct dans boite mail de Dahan. Ce sera vachement drôle. Comme ses blagues.
Les françois parlent aux françois.
Puis on a pu être sérieux.
Enfin un débat, sur des propositions. O pas de grandes révélations, hein. Mais un bon débat à l’ancienne, pugnace, avec deux acteurs rodés. Pas de temps mort. Un petit coup de demande de politesse, ça ne mange pas de pain. Bilan de sortants contre bilan des sortants d’avant. Une petite concession d’accord sur un point pour mieux tacler ensuite. Un vrai de combat de mecs, quoi.
D’ailleurs il a été très peu question de Ségolène Royal. Hollande en parla peu, on le comprend. Et même Fillon semblait content qu’on ne ramène pas sur le tapis la démocratie participative et l’ordre juste, enfin on pouvait cogner sur les impôts, enfin on pouvait cogner tout court, ah putain ce qu’on est mieux entre mecs !
On y est d’autant mieux qu’il est plus facile de combattre en face à face l’adversaire que de répondre aux « gens du public ». Là, les deux François avaient l’air de découvrir le monde. Par deux fois, ils ont dit à deux jeunes femmes qui cherchaient un boulot que leur prestation télévisuelle allait sûrement leur donner un coup de pouce. Comme à la Starac, quoi. En réalité, ils m’ont donné l’impression de réaliser que la situation était plus grave qu’ils ne le pensaient. Bon quand est-ce qu’on remonte sur le ring ? Pas maintenant.
Car maintenant, on fait sortir les femmes de la cuisine. Elles peuvent venir prendre le digestif avec les hommes, pour une fois. Et c’est comme ça que sont apparues pour les dernières minutes, Arlette Laguiller (le prénom etc.) et Marine Le Pen. Bah voyons.
Les propos tout en nuance des deux extrêmes de l’échiquier politique, relayés donc par deux femmes, donnaient l’impression qu’on avait fait venir les deux têtes de linotte pour faire valoir les deux François (Fillon semblait pour le moins exaspéré par Arlette, Laguiller hein pas la porte parole de l’UMP).
Au bout du compte, il s’agissait bien d’une scénographie machiste en partie calculée. On s’est fait plaisir. Mais rien ne prouve que les deux François qui représentent l’establishment y avaient à gagner. Car ceux sur le plateau qui étaient compréhensibles immédiatement par le téléspectateur lambda, ce furent les femmes, tout extrême fussent-elles.
Il est des réflexes difficiles à se débarrasser. La politique à papa, en fait partie. Il n’est qu’à regarder les plaidoyers abjects du réactionnaire Eric Zemmour pour un « retour à la normale », c'est-à-dire la politique avec des hommes, un point c’est tout.
Si on ne change pas les codes, pourtant, les deux gagnants seront les extrêmes et l’abstention.
25 janvier 2007
Si la France devient un pays bas, le responsable sera Hollande
La défaite de moins en moins improbable de la candidate du parti socialiste ne pourra pas ne pas être analysée en omettant la lourde responsabilité de son premier secrétaire.
Dix ans après, en effet, le bilan est assez calamiteux. Une défaite cuisante en 2002, qui suit celles des municipales de 2001. La victoire du non en 2005 alors que le PS avait été requinqué par les régionales et européennes 1 an plus tôt. Certes, le PS n’est pas le seul en cause, de plus 40% de ses militants était contre le traité constitutionnel, mais le positionnement de Hollande était lui, clair et net, et les pressions lors du vote interne ont sûrement influencé le résultat. Il aurait du se retirer à ce moment là. Mais non.
Ensuite, sous la pression des éléphants, il décide de mettre la désignation du candidat le 16 novembre. Et là, nous sommes vraiment en train d’en payer les conséquences.
Six mois de campagne, c’est beaucoup trop long.
Songez donc. En 1969, la campagne n’a pu durer qu’un mois. De gaulle démissionne le 28 avril, le premier tour a lieu le 1er juin.
En 1974, le décès de Pompidou entraîne une campagne ultra courte de 5 semaines.
En 1981, François Mitterrand n’est désigné candidat que le 24 Janvier, alors que le premier tour a lieu fin avril.
En 1988, Mitterrand se déclare seulement 1 mois avant le premier tour.
En 1995, Jospin, outsider face à Balladur et Chirac est désigné le 5 Février ! A cette époque, on croit à un second tour Balladur-Chirac ! Jospin arrive en tête du premier tour !
En 2002, bon, on peut dire que la campagne a duré 5 ans, si on est mauvaise langue.
Bref, rien d’étonnant, en fait, que le programme de Ségolène Royal, ni d’ailleurs celui de François Bayrou, ne soit encore vraiment proclamé. Et si on pardonne à ce dernier, c’est qu’il est un outsider.
Il semble évident qu’il eût mieux valu désigner le candidat socialiste vers la fin janvier. Déjà, il n’est pas certain que c’eût été Ségolène l’élue. Et franchement, ça nous aurait ôté une épine du pied. Et, quand bien même elle eût été élue de la même manière, on aurait évité l’essoufflement quasi automatique.
François Hollande a beau être considéré comme un bon
analyste de la vie politique, il n’est pas très rigoureux lorsqu’il s’agit de
son parti. Il a fait une erreur de stratégie énorme, et prévisible.
23 janvier 2007
Sus à la boulette : un pari fumeux
Pendant ce temps Sarkozy peut promettre la lune en matière de fiscalité et personne ne s’en émeut vraiment. Sauf l’opposition, ça va de soi.
Qu’importe, le Haro sur Ségolène est lancé, de manière pas très correcte lorsqu’il s’agit de parler du couple Royal-Hollande, et, de manière bien caricaturale, mais c’est de bonne guerre, sur tout ce que dit la candidate.
Je dis que ce jeu est dangereux.
Notamment pour le candidat de l’UMP.
Soit la fameuse et très trendy « victimisation » se remet en route et fonctionne, et là Ségolène va marquer des points en dépit, ou plutôt à cause des attaques.
Soit Ségolène « dévisse » à force que l’on invoque son incompétence, et là encore deux possibilités.
- Les déçus du Ségolènisme se réfugient dans l’abstention, et Le Pen se retrouve au second tour contre Sarko. Sarko gagnera mais sûrement pas avec 82%. Il ne supportera pas en outre d’être « mal élu » comme son mentor et prédécesseur.
- Les déçus du Ségolénisme vont massivement voter Bayrou et porte ce dernier au second tour, et là, ce n’est pas forcément gagné pour Sarko.
D’autant que Sarkozy n’est pas à l’abri, lui aussi, d’un dévissage. Qui profiterait cette fois à Bayrou et à Le Pen : ils pourraient ainsi se retrouver tous les deux au second tour, contre toute attente.
En décochant ses flèches sans attendre contre la candidate socialiste, les porte-flingues de Sarkozy font la bataille du deuxième tour sans avoir commencer le premier.
La même erreur qu’en 2002, en somme.
22 janvier 2007
Hulot, candidat au recyclage.
Nicolas Hulot ne se présente donc pas aux élections présidentielles, et je mentirais si je disais que ça ne me réjouissais pas. J’éprouve en vérité aucune sympathie pour ce garçon, ni de réelle antipathie par ailleurs. Il s’agit tout de même d’un animateur de TF1 et rien que pour cette raison, déjà, la méfiance est de mise. Le fait que son émission Ushuaia fut sponsorisée par Rhone Poulenc, tend à faire penser que la prise de conscience égologique fut tardive pour l’animateur vedette.
Evidemment, son combat, je l’approuve. Son pacte, je veux bien le signer, même s’il s’en fout. Et je trouve accablant qu’il ait fallu la menace de sa candidature pour que les autres politiques s’intéressent au réchauffement climatique.
On peut dire qu’il a réussi son coup, et qu’on ne s’en portera sûrement pas plus mal.
On doutera jusqu’aux preuves que son pacte sera appliqué.
Néanmoins, sa candidature eût été très certainement catastrophique. Les français qui, visiblement, ne savent pas voter, auraient certainement apporté beaucoup de suffrage à Nicolas Hulot. La plupart de ces électeurs potentiels se sentent « concernés » par le réchauffement climatique, mais auraient surtout voté Hulot pour sa notoriété.
Car il y a déjà deux autres candidates, Dominique Voynet et Corinne Lepage, qui sont un peu plus « expertes » que Hulot, et qui ont des discours, certes un peu plus techniques mais plus politiques aussi. En même temps, il s’agit d’une élection présidentielle, et pour régler des problèmes écologiques, il faut aussi affronter des situations sociales et économiques.
Mais le goût avéré (et pas encore avarié) des français pour le « hors système », l’emporte sur une forme de pragmatisme : après tout, les politiques « c’est tous des pourris ».
Personne n’a l’air de s’interroger sur ce hiatus flagrant : être animateur à TF1 et être « hors système » c’est tout simplement incompatible.
Eût-il seulement eu cette folie de se présenter que nous eussions pu retrouver, une fois de plus, Le Pen au second tour, et pourquoi pas, contre Hulot lui-même.
La sagesse de Hulot, me le rend donc plus sympathique. Enfin pas de là à voter pour lui s’il ne se présente pas. Je ne m’appelle pas Azouz Begag !
La fiscalité selon Sarko : l'impôt devin
On a eu beau rallier les prises de positions de François Hollande sur la Fiscalité, l’entretien au journal Le monde donné aujourd’hui par Nicolas Sarkozy sur la fiscalité est ni plus ni moins qu’un étalage d’un magasin foirfouille.
Reprenons dans l’ordre :
« Le travail crée le travail. »
Voila la première vérité idéologique, plus qu’économique, sans justification aucune. Cette phrase ne veut rien dire. Elle n’est pas non plus avérée. Et ne prend absolument pas en compte le fonctionnement des grands groupe où les licenciements font le profit .
« Si on réduit de 4 points nos prélèvements obligatoires, on rend 68 milliards d'euros aux Français : 2000euros rendus aux Français par foyer et par an, y compris les retraités, et 4900euros par foyer si l'on s'en tient à la France qui travaille. »
Je ne suis pas une bête en économie, mais quand même, ça tient de l’esbroufe. C’est la proposition la plus abracadabrante que j’ai entendue. Démagogique dans la formulation : imaginez, l’on promet de rendre 2000 euros à chaque français et par an. Après l’éradication des SDF, c’est le Père Noel en personne qui se présente. Bon, ce n’est pas le tout, mais comment il va faire le bonhomme ?
« Nous le ferons en réduisant la fiscalité qui pèse sur
le travail. Nous le ferons aussi en récompensant le travail supplémentaire. […]Je
propose donc que les entreprises ne payent pas de cotisations sur les heures
supplémentaires – ce sera une incitation pour l'entreprise à en donner – et que
le salarié ne paie pas d'impôt sur le revenu supplémentaire qu'il perçoit. Songez
qu'un salarié rémunéré au smic qui fera 4 heures supplémentaires par semaine
augmentera son revenu de près de 2000euros par an. C'est un double bonus. (Sic) Et l'Etat y trouvera son compte car,
lorsque les salariés ont plus de pouvoir d'achat, ils consomment davantage, et
les recettes de TVA augmentent. »
Donc, en gros, si j’ai bien compris, mais ce n’est pas sur,
on rend 2000 euros si et seulement si on fait des heures sup pour gagner plus ce qui nous rapporte encore 2000 euros (le
fameux double bonus). Mais personne pourquoi n’y avait pensé plus tôt ? Bien
évidemment les entreprises qui n’ont pas besoin que leurs salariés fassent des
heures sup, ça n’existe pas. Que les heures sup empêchent d’embaucher, ça n’existe
pas non plus.
S’ensuit quelques considérations du type : on réduit de
moitié le nombre de fonctionnaire, comme ça on fait des économies.
Puis:
« Et il ne faut plus de minima sociaux sans contrepartie d'activité. Dans notre société, les devoirs doivent être la contrepartie des droits. »
Quel genre d’activité ? Ne sera-ce pas une sorte de
sous smic ? Quelle forme ça prendra ? Le bénévolat en association
est-il une activité ? On ne le sait pas.
« Je veux en outre que 95 % des Français soient
exonérés des droits de succession. »
La mesure démagogique, coûteuse, inégalitaire et qui part d’une conception ancestrale du patrimoine par excellence. L’héritage reste toujours pour la majeure partie des gens, un dû inaliénable. Ce n’est pas mon cas. De plus c’est encore un cadeau fiscal qui échappe aux moins favorisés.
Objectivement la plus intéressante des propositions. Mais
très très coûteuse. Notamment les premières années ou l’on paie le plus d’intérêt.
Autre risque, les banques profitent de l’aubaine pour relever les taux d’intérêts,
ce qui peut avoir deux conséquences possible, l’une c’est que l’on continuera à
emprunter sur 20 ou 30 ans, avec des intérêts faramineux, l’autre, tout
simplement, un krasch immobilier.
« Une société qui emprunte est une société qui croit en
l'avenir. »
Phrase qu’il faudra répéter à tous ceux qui sont en
commission de surendettement.
« Eux (les socialistes) veulent l'augmentation du seul smic; je préfère l'augmentation de tous les salaires grâce à l'augmentation de la quantité de travail. »
C’est-à-dire ne pas augmenter les salaires. Si la seule
manière de gagner plus c’est travailler plus, alors, les salaires n’augmentent
pas. Ce sont les revenus qui augmentent.
Et pour couronner le tout, le candidat UMP promet le vote en
juin (avec quelle assemblée ?) d’une loi sur le service minimum, c'est-à-dire
en faisant fi d’un dialogue social. Autant dire que dès juin, le pays est
paralysé. Ce qui, pour mener à bien toutes ces « réformes » coûteuses
et contradictoire, n’est pas de bon augure.
Cela dit, si Sarkozy passe, de toute façon, ce n’est pas de bon augure.
18 janvier 2007
Crime de lèche majesté.
Mon silence flagrant ces derniers jours sur les dernières turpitudes des mes camarades socialistes n’a d’égal que mon exaspération.
Que Ségolène Royal prenne son temps pour dévoiler son programme, déjà, c’est une grosse prise de risque.
Que Hollande fasse sa propre campagne avec un style bourrin, ça n’est pas loin d’être une faute grave.
Que Montebourg tacle le dit Hollande en faisant de l’humour pas très drôle (« le seul défaut de Ségo, c’est son compagnon »), passe encore, mais ce n’était franchement pas le moment.
Qu’il ajoute : « c’était de l’humour », c’est carrément une faute de goût.
Qu’il file sa démission de porte parole de Ségo pour cette galégeade, c’est une connerie.
Que cette dernière le suspend pour un mois alors qu’elle se satisfait du retrait temporaire de George Frêche du parti socialiste cela devient carrément n’importe quoi.
Depuis quelques jours je sentais déjà poindre le fameux
tournant de la campagne, la 107e minute de
la Présidentielle. J’eusse préféré qu’elle s’appliquât à notre Ministre de l’Intérieur. Force est de constater qu’un boulevard semble maintenant s’ouvrir à lui et que, pour remonter la pente, le parti socialiste n’a plus qu’à espérer une bourde encore plus énorme de leur adversaire. Un coup de boule juste avant le premier tour.
17 janvier 2007
Le dingue et l'hystérique.
Villepin, lui, considère Sarkozy comme un « Hystérique ». Soit. Il est stupéfiant d’assister depuis deux ans à cette guerre fratricide entre deux personnages qui n’ont en commun que la haute opinion qu’ils ont d’eux-mêmes. Dans cette guéguerre, reconnaissons toutefois un certain panache, une bravoure (oui ce mot existe encore) quasi désuète au chef du gouvernement qui est très certainement ce qu’on peut appeler un doux dingue. Son refus obstiné d’abroger le CPE a révélé les excès de suffisance dont est capable Villepin. Et pourtant, à y regarder de plus près, il est quasi certain que ce sont les mêmes motivations qui l’ont conduit à faire ce brillant discours contre la guerre en Irak à l’ONU. Avoir raison seul contre tous enthousiasme le premier ministre. C’est son moteur. Et comme il pense avoir un destin national presque inné, il n’éprouve que mépris pour ses concurrents, surtout ceux de son camp. Au fond, il a l’air de se moquer qu’on le rallie ou pas, il doit penser que l’Histoire lui donnera raison.
Alors oui, Dominique de Villepin doit trouver bien médiocre ce petit Nicolas qui, lui, ne supporte pas qu’on ne soit pas d’accord avec lui et qui ose même faire croire qu’il pense comme tout le monde. Ce type qui s’énerve dès qu’on le contredit.
Pour autant la folie qui accompagne Villepin, et qui jamais ne l’a trahi (Champagne), a été visiblement plus repoussoir à droite que l’ « hystérie » de Sarkozy. Il est vrai qu’entre deux pathologies, le choix n’était pas aisé.
16 janvier 2007
Ils partirent 40, il cherchèrent 500
A un peu moins de 100 jours du premier tour des élections présidentielles, il n’est pas facile de savoir combien de candidats seront en lice. Officiellement il y a 40 candidats déclarés. Très peu auront leurs 500 signatures. Le précédent du 21 avril, avec 17 candidats et le second tour que l’on connaît, plus la date des municipales située après la présidentielles, fait que les maires sont plus frileux et qu’il y aura sans doute qu’une dizaine de candidats, voire moins.
Faisons un rapide état des lieux teinté d’un léger pronostic.
Ceux qui sont assurés d’avoir leurs signatures grâces aux élus de leur parti :
- Nicolas Sarkozy
- Ségolène Royal
- François Bayrou
- Marie-Georges Buffet
Celle qui est assurée d’avoir ses signatures grâce un réseau de longue date, souterrain et entriste :
- Arlette Laguiller (qui annonce déjà les avoir).
Ce qui fait aujourd’hui 5 candidats.
Ceux qui devraient logiquement les avoir de par leur
ancienneté, leur réseau et leur renommée mais dont on ne peut assurer aujourd’hui
qu’il les auront.
- Jean-Marie Le Pen (qui devrait bénéficier des quelques signatures de Mégret)
- Dominique Voynet qui bénéficiera très certainement d’un coup de pouce du PS.
- Gérard Schivardi soutenu par le
Parti des Travailleurs, ces trotskystes Lambertistes qui ont déjà envoyé Pierre
Boussel en 1988 et Daniel Gluckstein en 2002. Les lambertistes ont un réseau
très puissant, peut-être encore plus puissant car encore plus souterrain que
celui de Lutte Ouvrière. Jetez un œil sur le site officiel de Gérard Schivardi
qui, bien évidemment, ne se réclame pas du Parti des Travailleurs. Schivardi a
déjà 400 signatures selon Libération.
Ceux dont on n’aurait du mal à
croire qu’ils n’aient pas leurs signatures bien que ça ne soit franchement pas
gagné :
- Olivier Besancenot de la LCR
- Philippe de Villiers du MPF
- Nicolas Dupont Aignan le Gaulliste qui a claqué la porte de l’UMP avant le sacre de l’empereur
- Corinne Lepage, l’écolo centriste de Cap 21
- Frédéric Nihous le candidat de
CPNT
Notons que deux de ces candidats
ont dépassé 4 % en 1995 et 2002, et que Jean Saint Josse du CPNT a dépassé
aussi 4%. Corinne Lepage quant à elle à fait 1,88% en 2002.
Ceux dont on ne sait pas encore s’ils
se présentent et qui peuvent peut-être avoir leurs signatures de par leur
notoriété (et peut-être par un coup de main de Chirac pour le deuxième) :
- José Bové
- Nicolas Hulot
Ceux qui n’ont aucune chance mais qu’on entendra peut-être d’ici Mars:
Jacques Cheminade, Nicolas Miguet, Edouard Fillias,
PierreLarrouturou, Antoine Waechter, Roland Castro, Stéphane
Pocrain, Yves-Marie Adeline...
On peut donc raisonnablement
tabler sur 10 candidats. Soit à peu près le nombre de candidats des élections
de 1981, 1988 et 1995. Une offre plus resserrée, donc, qu’en 2002, ce qui accentuera certainement l’envolée des deux
candidats favoris. Cela étant, en l’absence de « petits candidats »
plus ou moins protestataires, Jean Marie Le Pen peut récolter un petit magot de
voix supplémentaires, notamment si Nihouss, De Villiers et Dupont Aignan ne
peuvent se présenter (mais Sarkozy devrait certainement leur donner un coup de
main).
L’inconnu Nicolas Hulot pèse aussi
fortement sur le scrutin dans ce pays insensé qu’est la France, dont les
électeurs se ruent volontiers sur un animateur qui n’a fait, de près ou de
loin, aucune preuve. L’effet Coluche, l’effet Tapie. En son absence, c’est
Bayrou qui pourrait profiter d’une éventuelle dégringolade de Sarko ou de Ségo.
Il n’est d’ailleurs pas complètement insensé de croire que les curseurs des 4 candidats
puissent s’égaliser autour des 20 %. On n’en est pas encore là. Mais il est
faux de croire que seule la multiplication des candidats peut envoyer le Front
National au second tour. Une offre moins conséquente pourrait avoir… les mêmes
conséquences !


