2007 sans Sarkozy

Analyse au jour le jour, ou à la semaine la semaine, de l'actualité politique en vue de l'élection présidentielle de 2007. Très fortement orienté anti Sarkozy.

31 décembre 2006

Nicolas il veut pas qu'on l'embête, Tout c'qu'il a dans la tête, C'est qu'il veut entrer chez LUI

Seul en lice.
Ainsi donc, Nicolas Sarkozy sera seul en lice pour la "primaire" au sein de l'UMP. Primaire qui se transformera, de la manière la plus "démocratique" qui soit, en plébiscite. Somme toute, ce n'est pas vraiment une surprise. Depuis le 7 Mai 2002, le ministre de l'intérieur s'est imposé de façon fulgurante comme l'homme incontournable de la droite. Il était impossible qu'un autre candidat s'impose au sein de l'UMP. Dès lors des primaires n'auraient fait que ridiculiser les concurrents de la mouvance Gaulliste, ce qui n'était pas dans leur intérêt.
D'autant que le plébiscite a déjà débuté par delà les nombreux ralliements qui, pour éviter de faire croire qu'ils  sont de la dernière minute, sont juste de la pénultième, minute. Que les ténors de la Chiraquie fassent leur virage à 180 degré pour se placer, il n'y a rien là d'étonnant. Que Douste Blazy fasse une fois de plus la girouette n'a rien d'exceptionnel. Je ne parle pas des trois people "à problème", tout le monde s'est déjà jeté dessus. La mise en avant d'Arno Klarsfeld, le Steevy Boulay du barreau, n'a sûrement d'autre ambition que de récupérer un hypothétique vote communautariste (ce qui serait dans ce cas très vicieux). Les clins d'Oeil de Tapie, outre le fait qu'on ne sait pas si c'est vraiment un soutien avantageux, commencent à faire penser qu'il y aura bien des ralliements très surprenants à Sarkozy. Et d'ailleurs l'implicite bras tendu de Kouchner en est la preuve.
On ne sait pas jusqu'à quel point Sarkozy organise le rassemblement autour de lui : quels sont ses moyens de pressions, quels sont ses réseaux d'"amis", quel part de gateau a-t-il promis, ... autant des questions qui restent pour l'instant en suspens.
Concernant les ralliements dits "de gauche", on sent bien qu'il existe un rejet violent de Segolène Royal, rejet dont on définit mal s'il relève du sexisme ou de la réelle antipathie qu'inspire la Présidente de Poitou Charente.
Il y a donc autant de "Tout sauf Sarkozy" que de "Tout sauf Segolène", c'est ce qu'on appelle dans les milieux autorisés, les 2 TSS.
Pour cette raison, Nicolas Sarkozy, doit profiter aujourd'hui du plébiscite qui l'attend le 14 Janvier, nul doute que l'investiture officielle sera sobre et sans chichis, comme sait si bien le faire notre ministre de l'intérieur. Il doit en profiter aujourd'hui car, en cas de qualification des deux "S" pour le second tour, le résultat risque d'être très très serré. En outre,  les suffrages seront en grande partie des suffrages de rejet plus que d'adhésion. Autant dire que la victoire ne va pas être une partie de plaisir pour l'un ou l'autre des candidats.

Reste à convaincre que ce ne sera pas une partie de plaisir pour les français, si la victoire revient au petit Nicolas.


Ps : Que va faire MAM? C'est la question qui devrait ne pas hanter les chaumières. J'aurais néanmoins tendance à penser qu'elle se présentera, pour faire comme Marie France Garaud en 1981, c'est à dire rien.

Posté par 2007sanssarko à 17:59 - Anti Sarko - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


14 décembre 2006

Une histoire de mains pour la france d'après.

D’après le Canard Enchaîné daté d’hier, Sarkozy n’a gardé son calme Dimanche dernier  que pendant l’émission de Moati, Ripostes. Après, en revanche, il a  presque failli en venir aux mains avec Serge Portelli (vice-pdt du tribunal de grande instance de Paris). Toujours selon le Canard, le Ministre de l’Intérieur serait allé voir Portelli pour lui dire, de manière presque enfantine, « si j’avais à être jugé, je n’aimerais pas être jugé par un juge comme vous ». Ce à quoi le juge aurait rétorqué, « je n’aimerais pas être citoyen en 2007 si vous devenez Président de la République » le tout accompagné par une petite tape amicale sur l’épaule. Sarkozy se serait énervé et aurait crié à maintes reprises : « ne me touchez pas ! ne me touchez pas ! ».

Il est vrai que Portelli a eu le malheur d’apporter la contradiction avec véhémence au Président de l’UMP. Il a contesté les chiffres de ce dernier, et l’a pratiquement traité de menteur.

On le sait, Sarkozy ne souffre pas la contradiction, il traite souvent en privé ses collaborateurs de « connards » ou de « branquignols » lorsqu’ils ne vont pas dans son sens ou pas assez vite etc. Il en va de même avec ses adversaires donc. Mais le tout hors champs de caméra bien entendu. Pendant tout le « Ripostes », Sarkozy est resté stratégiquement calme, sa nouvelle manière d’être qu’il a pour gagner les élections présidentielles. Bon. Personne n’est vraiment dupe. La preuve, tout le monde remarque qu’il est calme.

N’empêche, son sang n’a  fait qu’un tour lorsqu’il retrouve Portelli après l’émission. Et il le tance presque comme un gamin, avec un air de « tartagueule à la récré » qui est assez symptomatique. Ce n’est pas la première fois en effet que Sarko emploie des expressions ou attitudes enfantines. N’a –t-il pas dit en  septembre 2005 : "Je ferai autre chose que de la politique, en particulier gagner de l’argent, mais, d’abord, je fais Président." On dit « je serais » mon chéri.

Il y a un côté gamin, chez Sarko. L’adversaire, il a envie de le battre presque dans un corps à corps.

D’où la difficulté qui se dresse à lui avec Ségolène Royal. C’est une femme, pas facile de se battre contre une femme.

Et pourtant, si l’on veut pour une fois être objectif sur ce blog, le déni de l’adversaire est tout aussi présent chez Ségolène.

Lorsqu’elle croise Françoise de Panafieu en Israël,la candidate Socialiste lui répond : « Je suis désolée mais après vos propos Madame, je ne vous salue pas ! » (Panafieu avait vivement critiqué Royal sur son absence de réaction à des propos qu’elle a visiblement pas entendu).

Elle est comme ça Ségo. Elle refuse de saluer. Elle avait déjà fait le coup à l’opposant de Michèle Bachelet au Chili. Dans un avion, ce dernier se pointe vers elle pour lui dire bonjour, et Sego refuse la politesse au prétexte d’opinions divergentes.

A ma connaissance il n’y a que chez Lutte Ouvrière que l’on fait ça, de ne pas saluer l’adversaire. Elle est peut-être plus à gauche qu’on le dit, Sego. Moi je ne trouve pas ça très fair play, mais bon, c’est très surement stratégique. C’est une manière de dire : la droite et moi, ça fait deux. Ou alors c’est vraiment une goujaterie structurelle : je ne salue pas ceux qui ne sont pas d’accord avec moi, point barre.

On voit bien alors quel genre de combat va se dessiner entre les deux favoris des mediasondages. L’homme qui veut « faire la bagarre » avec celle qui prendra tous les chemins pour éviter justement cette bagarre. L’un qui veut le corps à corps, l’autre qui ne veut même pas toucher la main pour saluer. L’un dans le frontal, l’autre dans l’évitement.

Je ne sais pas si vous avez remarqué, depuis quelques jours, c’est François Hollande qui s’occupe de charger Sarko. Outre l’aspect « j’envoie mon homme se battre », on risque bien de voir les prochains mois Hollande taper Sarko qui tapera Royal qui ne touchera personne, même pour serrer les mains.

Et là on pourra vraiment dire que Sarko fait des moulinets, car il va se battre contre l’évanescence faite reine. Et elle n'aura même pas besoin de crier "ne me touchez pas! ne me touchez pas!".

Posté par 2007sanssarko à 16:49 - Les mots de la politique - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

10 décembre 2006

Lecasble sur la TNT c'est de la Dynamite.

Ca a déjà fait le tour du net. Valérie Lecasble, directrice de la chaîne d'information I-télé, chaîne que j'aime beaucoup au demeurant, surtout Samuel Etienne, Valérie Lecasble, donc, a demandé à un des journaliste de sa  chaîne, Laurent Bazin, d'ôter un article sur son blog. Et bien entendu, de quoi parlait cet article? d'un off avec, je vous le donne en mille, Nicolas Sarkozy.
On y apprend, dans ce off, que Sarko n'aime pas trop i-télé qui ne l'épargne guère, (pauvre chou), qu'il aime Voyage au bout de la nuit de Céline et Belle du Seigneur d'Albert Cohen (rien à voir avec Philippe Cohen, qu'il doit détester). Et surtout qu'il est plus que confiant pour 2007.
On tombe sur ce passage terriblement pittoresque, ridicule et si... Sarkozien :
"Il est 14.35, retour à la politique. Nicolas Sarkozy confie qu'il ne se voit pas faire ça toute sa vie.
Surprise générale.
"Deux mandats et c'est tout ?", glisse une journaliste.
"Et encore, répond le candidat, si ca ne tenait qu'à moi je n'en ferais qu'un. Mais je ne peux pas. Tant d'espoirs reposent sur moi. Des millions de gens comptent sur moi. Je ne peux pas faire ça."
La classe et l'humilité par excellence.
Heureusement, le Nouvel obs reproduit in extenso le dit article.
Je l'ai bien évidemment en archive, et n'hésiterai pas à le reproduire ici si jamais il disparaissait de nouveau.
Je ne blâme pas Laurent Bazin, il est salarié d'I-télé. Il tient à son job. Mais tout ça ressemble de plus en plus à de la censure. Sinon de la censure, à une orientation fortement conseillée, celle que dénonce maladroitement  Bayrou et plus pertinemment Marianne. J'espère seulement que les électeurs seront aussi vigileants que lors du référendum sur l'union européenne, et qu'il ne se laisseront pas dicter leur vote par les médias bien pensants.

Posté par 2007sanssarko à 10:48 - Anti Sarko - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

08 décembre 2006

Sarko et les journalistes : une histoire d'amour plus que de co-haine

Etant donné que je n'ai ni le temps ni l'énergie d'écrire des articles, (je fréquente de près la France qui se lève tôt le matin, voire plusieurs fois par nuit), je vous recommande vivement de lire cette interview de Philippe Cohen , co-auteur de la Face karchée de Sarkozy, sur le rapport de Sarkozy justement avec les journalistes. Interview à charge, dont rien ne me surprend vraiment, je dois l'avouer.
Je cite néanmoins deux phrases de cette interview qui m'interpelle particulièrement, car au fond, c'est ce que je pense depuis longtemps :
"Sarkozy joue « la politique pour les nuls » à l'un des peuples les plus politisés du monde. Il laisse croire qu'il faut bouger parce que le monde bouge, alors que les gens attendent justement l'inverse [...] il fonce sans réfléchir, il est la définition même de l'irresponsabilité en politique. Je ne suis même pas sûr qu'il pourra se qualifier pour le second tour."
"Sur le plan technique, je ne crois pas que Nicolas Sarkozy ait besoin de trop travailler son expression : il est très peu cultivé et la pauvreté de son lexique colle bien avec le Smic langagier proposé par la télésphère."
"Pour Sarkozy, la démocratie est une formalité publique qui n'a rien à voir avec la vraie vie faite de rapports de force et de violence."
Bonne lecture...

Posté par 2007sanssarko à 15:38 - Anti Sarko - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

07 décembre 2006

Les principes du commandant couche tôt.

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Avec un petit peu de retard, je souhaiterais revenir sur une des phrases que j'ai entendue lors de l'émission "à vous de juger" de jeudi dernier consacré à Sarkozy. Lorsque Sarko vante la France du mérite qui lui est si chère, il parle de "La France qui travaille. La France qui se lève tôt le matin". Ce n'est pas la première fois qu'il le dit. Mais j'ai l'impression qu'à travers cette sentence se dessine tout un projet, toute une philosophie.
Car ce n'est pas tant la valeur "travail" qui est ici mise en avant que celle de l'effort et, n'ayons pas peur de le dire, du sacrifice. Relevons tout ce que sous entend cette phrase.
Ceux qui travaillent, et qui  méritent la considération de  Sarkozy, travaillent de jour. De préférence, ils se lèvent à l'aube, et, bien évidemment ne rechignent pas à faire des heures supplémentaires, "pour gagner plus", mais c'est un déjà un autre sujet. Ainsi ceux qui travaillent de nuit, ne se levant pas tôt le matin, ne travaillent pas vraiment. Ou bien ne sont pas vraiment des gens qui sont méritants. Peut-être le candidat à la Présidentielle pense-t-il que seuls quelques dj fêtards et autres barmen de lieux dépravés travaillent la nuit. Les infirmières, autres veilleurs seront ravis. Toujours est-il que l'avenir appartient à "ceux qui se lèvent tôt le matin" dit le dicton populaire, et Sarkozy le croit, lui qui, avant d'être Ministre de l'Intérieur, se couchait à 22 heures pêtantes, pour, justement, se lever tôt le matin.
Curieuse croyance, n'est-il pas, d'amalgamer l'excellence et le chant du coq.
Je pense à Balzac. Qui pensait que "Dormir ramolissait le cerveau". Et qui du coup buvait 50 cafés par jour. Ce qui l'a un peu tué. Mais bon il a écrit la Comédie humaine. Et pondre un chef d'oeuvre vaut bien quelques sacrifices.

Pourtant, nous n'y trompons pas, Sarkozy n'a nullement envie que tout le monde réussisse à devenir le meilleur.  Il n'a pas passé autant autant de tant à essayer de devenir le meilleur pour que tout le monde le rattappe, non, non. Il l'a dit, la liberté avant l'égalité. En revanche, que tout le monde se lêve tôt, pour qu'il réussisse son chef d'oeuvre, La france qui travaille, ça oui, d'accord. Une France qui réussit, vaut bien quelques sacrifices, n'est-ce pas?

Peut-être devrait on sussurer à Nicolas Sarkozy que dans le secteur tertiaire, il est plutôt mieux vu de terminer tard que d'arriver tôt. Au boulot. Même si terminer tard, ne veut pas vraiment dire travailler tard. Mais faire croire que l'on travaille tard, voire plus. Relisez Bonjour Paresse, ce Corinne Maïer, Monsieur Sarkozy.

Mais bien évidemment, vous ne parlez pas de ces privilégiés. Mais plutôt de ceux qui se lêvent tôt le matin pour avoir la liberté de travailler afin de gagner des clopinettes. La France qui mérite, quoi. Qui mérite votre respect.

Je repense encore à Balzac, et j'en viens à croire que Sarkozy, outre le caractère culpabilisant judéo chrétien de ses propos, est un peu dix neuvièmiste, en fait. Ce qui est difficilement compatible avec la France d'après.

PS : on me souffle dans l'oreillette que François Bayrou, qui était un couche tard, a depuis quelques mois changé de mode de vie et se lêve dorénavant à six heures du matin, pour aller, une fois la chicorée avalée, faire une petite promenade philosophique. Voilà un bel exemple de la France qui lêve tôt. Mais Bayrou se prend plus pour Rousseau que pour Balzac. Les rêveurs n'ont aucune chance d''y arriver. C'est Sarkozy qui l'a dit.

Posté par 2007sanssarko à 10:30 - Anti Sarko - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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