2007 sans Sarkozy

Analyse au jour le jour, ou à la semaine la semaine, de l'actualité politique en vue de l'élection présidentielle de 2007. Très fortement orienté anti Sarkozy.

29 novembre 2006

Une journée exceptionnelle!

Mon fils vient de naître aujourd'hui, le jour de l'anniversaire de Jacques Chirac, jour qu'a choisi aussi le Ministre de l'Intérieur pour déclarer officiellement qu'il était candidat à la Présidence de la République (jusqu'à maintenant il était hors la loi).
Autant dire que mon fiston est déjà un sacré farceur. Je ne lui souhaite pas un destin politique, mais juste une vie  heureuse.
Ce blog sera, en revanche, vous le comprendrez,  un peu moins entretenu les prochaines semaines.

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25 novembre 2006

Cachez-moi ces dessins que Sarko ne saurait voir

Vous n'êtes pas très chaud pour lire des livres politiques, et on le comprend, déjà que vous vous tapez les blogs des copains pour leur faire plaisir, que vous vous intéressez mollement à l'actualité politique pour ne pas être largué lors du prochain apéro que vous ferez avec l'auteur de celui-ci, alors si en plus vous devez vous taper des pavés écrits tout petit et sans image, ça va être l'overdose. Pourtant, les livres politiques sont souvent écrits gros, et de manière très compréhensibles, et ce n'est pas très intellectuel, vu que la plupart du temps ce sont des journalistes qui les écrivent.  M'enfin. Vous trouvez ça rébarbatif et on vous comprend.
Une petite BD alors? C'est bien une BD, c'est pas trop compliqué.
Voici une petite BD déjà bien vendue, semble-t-il, qui relate le parcours politique de Nicolas Sarkozy, La face Karchée de Sarkozy; de Philippe Cohen, Richard Malka et Riss.
Très bien documentée, citant ses sources, ce bouquin ne fait pas vraiment de concession à notre ministre de l'intérieur. Il est d'ailleurs assez frappant de mettre en parallèlle ce bouquin et le documentaire de Rotman sur Chirac. Chirac, est LE modèle politique de Sarko. La traîtrise faisant loi. Les revirements sont de rigueur. Et l'objectif est le même.  Les raisons de ce goûts de la conquête seules difffèrent un peu. Chirac ne s'aime pas et a tout fait pour s'oublier. Sarkozy s'aime trop par revanche sur les "humiliations" qu'il a subies.
Une Bd à lire donc, même si on essaiera d'oublier le dessin, particulièrement à chier, il faut bien l'avouer.
Pour une autre raison, je ne mets pas la couverture de la bd sur ce blog, vu qu'il représente une caricature de Sarkozy. Or, sur ce blog, vous ne verrez aucune représentation visuelle du Président de l'UMP. Fût-elle dessinée.

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22 novembre 2006

L'homme de l'atlantiste

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Il va être très difficile pour Nicolas Sarkozy de se sortir du bourbier dans lequel les chiraquiens tentent de l’amener. Il apparaît de plus en plus clair maintenant qu’une frange pourtant minoritaire à l’UMP ne souhaite pas l’élection du ministre de l’intérieur à la présidence de la république. Le parallèle pourrait être fait avec le parti socialiste. Le TSS, « tout sauf sego » d’un côté, « tout sauf sarko » de l’autre, est le point commun entre les deux grands partis majoritaires. Or, maintenant que Ségolène a été investie, qui plus est au premier tour, il ne reste plus visible que les agitations qui relèvent de l’ambiance délétère régnant  à droite.

En outre, si les attaques sur la présidente du Poitou Charente la rendaient plus forte à cause du syndrome dit de « victimisation » (il faudra d’ailleurs se pencher un jour sur l’inclination naturelle faite aux « victimes », qui n’ont de victime que le nom), celles pratiquées sur Sarkozy commencent à grignoter sérieusement son image. Il était temps me direz-vous, vu que ça fait 5 ans qu’il s’expose.

Reste à savoir pourquoi les Chiraquiens sont si impitoyables avec celui qui, objectivement, est le seul à pouvoir faire gagner son camp. Lorsque l’on lit régulièrement le Canard Enchaîné, l’on sait quelle aversion Villepin nourrit contre son ministre. En gros, Villepin le prend pour un fou qui ne sait pas se maîtriser. Alors que Villepin, lui, est un fou qui se maîtrise.

Mais, outre le fait que Sarkozy soit brusque, qu’il ne sait pas s’y prendre avec les jeunes, qu’il est démago, qu’il risque de mettre le pays à feu et à sang, c’est la politique étrangère qui semble inquiéter le plus le camp chiraquien. Nul doute que la visite de Sarkozy à Bush, moyennant boîte de biscuit sous les pieds du français pour la photo, et les déclarations du ministre de l’Intérieur à New York ont été le vrai point de rupture avec les chiraquiens.

Que Sarkozy soit atlantiste, cela ne fait aucun doute. Atlantiste au point de ne jamais être à l’unisson avec le chef de l’état lorsque ce dernier condamne, pourtant timidement, Israël. Ainsi, le prolixe président de l’UMP ne s’est pas prononcé sur les très récentes provocations de l’aviation Israélienne vers les forces de la Finul (cf. Canard Enchaîné de ce jour). Il est très rare, de toute manière, que Sarkozy émette des critiques envers le gouvernement israélien.  Son mutisme est un mimétisme. Celui de l’alliance sans faille Etats-Unis/Israël. Ce qui reste à déterminer, c’est le pourquoi à cette adhésion qui ne fleure pas l’orthodoxie gaulliste. Est-ce par amour de la loi du talion, pratiquée souvent sans réflexion par le gouvernement Israélien, mais aussi, et à une autre échelle, par le gouvernement Américain ? Ou bien est-ce pour rejoindre un anti-modèle chiraquien, pour se démarquer à tout prix de son (ex)maître ? Sûrement un peu des deux. Dans tous les cas, les relations internationales vues par Sarkozy, ça n’a pas l’air d’être le fruit d’une réflexion intense dont tous les tenants et aboutissants eussent été soupesés. Et ça, ça fait vraiment peur.

On a raillé à juste titre la prestation de Ségolène Royal lors du débat portant sur les relations internationales. Ses affirmations sur le nucléaire civil iranien relevaient d’une méconnaissance réelle du sujet, assez proche de celle que pourrait révéler… Philippe Douste Blazy ! Néanmoins, rien ne prouve que Sarkozy soit plus calé en la matière. Tout porte au contraire à penser que Sarko aura une pratique toute berlusconienne des relations internationales.

L’Europe, par exemple, n’est pas son sujet de prédilection, et, hors l’inflexion protectionniste que l’on sent poindre ces derniers mois, il n’y aucune envergure européenne chez Sarkozy. L’Europe politique est carrément absente de ses discours. Pour un peu, il nous referait l’appel de Cochin.

Sa manière d’appréhender les rapports de la France et de la Russie risque de nous causer de sérieux soucis. Certes, il ne faut surtout pas adouber cette brute de Poutine. Mais prendre en grippe immédiatement le chef du Kremlin peut éventuellement nous priver de Gaz.

Même si c’était pour viser directement Chirac, ses promos sur le sumo qui « n’est pas un sport d’intellectuel » (comme si le vélo en était un ) peuvent être ressortis et vexer la population nipponne.

Dois-je continuer ?

Dans l’ensemble, ses jugements à l’emporte pièce, dignes du bistro du coin, et surtout le ton cassant qu’il aime à employer, ne sont pas compatibles avec l’exercice de la plus haute fonction à l’échelle internationale.

Les gaffes de Douste ou les lacunes de Ségolène seront très vite oubliées, si jamais Sarko réussit son rêve qu’il a depuis qu’il est tout petit.

 

 

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17 novembre 2006

Ségolène a gagné un tour de taille

Force est de constater que je ne suis pas le Omar Sharif de la politique, et que, si j’ai donné le tiercé dans l’ordre, je me suis néanmoins complètement planté sur les scores. Bon. Ceci étant dit, je ne peux que prendre acte du résultat d’hier. Je suis bien évidemment déçu. Je crois quand même que je comprends les militants, l’ombre du 21 avril 2002 a énormément pesé, me semble-t-il sur ce scrutin. En voulant donner un signe fort à celle qui semble statistiquement le plus susceptible de l’emporter en mai 2007, les militants ont joué la sécurité, sans jeu de mot. Enfin si avec, j’en fais toujours (je donne à ce propos un bon point à celui qui a compris celui du titre du précédent post sur Frêche).

Nous pouvons noter une fois de plus que Paris ne vote pas de la même manière que la province. Ça devient de plus en plus significatif. Et c’est peut-être, du coup, un des meilleurs atouts de Ségolène, face à Sarkozy. La campagne très Poitou-Charente qu’a déjà entamée la candidate socialiste aura sûrement plus d’impact au niveau national que celle d’un Ministre, donc forcément parisien, qui plus est identifié comme le maire de Neuilly, ville particulièrement éloigné des préoccupations des « vraies gens ».

Cela dit la bataille sera âpre, rude, le résultat, si aucune autre surprise n’arrive, sera très serré.

Avant toute chose, la candidate socialiste devra encore convaincre les militants, et sympathisants plutôt favorables aux deux autres candidats. Et ce n’est pas gagné. Une frange va sûrement se disperser sur la gauche anti-libérale, et l’autre vers Bayrou, ceux qui auront fait ce dernier choix le feront pour contrer ce qu’on appelle à tort plus qu’à raison le « populisme ».

Ensuite, et c’est sur ce point que j’ai le plus de doutes, elle devra affronter très intelligemment Nicolas Sarkozy. Elle a vraiment intérêt à se faire coacher. En même temps, les attitudes viriles du président de l’UMP risquent bien d’être contre productives, il va être obligé de changer de musique, et ce n’est pas sûr qu’il puisse en maîtriser le rythme.

Ségolène Royal est donc pour l’instant le seul rempart que l’on ait pour contrer le Ministre de l’Intérieur. Il n’y a plus donc qu’à lui conseiller de se reposer quelques semaines, prendre des conseils à gauche et à gauche, pour reprendre de forces nécessaires au combat qui l’attend.

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16 novembre 2006

Le chant de Frêche pour toujours : l'intolérance

Je passe juste pour dire que les propos de George Frêche, soutien de Ségolène Royal. qui regrette "la présence de 9 blacks sur 11 dans l'équipe de France de football" est à proprement parler intolérable. Il est grand temps que cet odieux personnage, récidiviste en la matière, soit exclu du Parti  Socialiste, et qu'il puisse tranquille, comme Dieudonné, se promener à la fête de BBR.

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15 novembre 2006

Avant la paix émue au PS, les pronostics !

Puisque nous sommes sur un blog, et que je ne suis pas astreint au sérieux des propos tenus ici, je vais donc me lancer à un petit pronostic pour demain.

Je ne pense pas que Ségolène sera élue au premier tour. La video de la semaine dernière aura sûrement fait pencher la balance des indécis, et probablement interpellé les 30 000 enseignants qui composent le corps électoral. Aussi, je vois bien Ségolène Royal faire un score de 44%, chiffre totalement aléatoire dû au pifomètre de votre serviteur. 

J’aurai tendance à croire que celui pour lequel je vais voter atteindra la deuxième position. Les nouveaux adhérents, plus porté par un élan ségolèniste, mais au fond déçus par ses dernières semaines, iront plus vers DSK. Beaucoup de Jospinistes vont se tourner vers lui. Aussi, un score de 30% me paraît jouable, et même souhaitable.

Reste donc 26 % à Fabius, ce qui est au delà de ses 21 % portés à sa motion, et, compte tenu de l’agrandissement des troupes, beaucoup plus en nombre de voix. Pourquoi un tel pronostic ? Et bien, je vais vous le dire. Une grande partie des nonistes, c’est-à-dire, une frange de Rénover Maintenant de Montebourg, plus une autre du NPS (Nouveau Parti Socialiste) de Vincent Peillon risque de ne pas suivre leur leader, Ségolèno-opportuniste, et apporter leur suffrage pour Fabius. Cependant, les nouveaux adhérents, plus prompts à la nouveauté, c’est-à-dire en rupture avec le miterrandisme, plus jeunes aussi, seront sûrement peu enclins à voter pour celui qui le premier ministre lorsqu’ils étaient adolescent, voire enfant.

Après demain les résultats infirmeront sûrement ces prévisions. Dans le cas contraire, je monnaierais très cher les prochaines.


Je terminerai avec cette petite phrase de Thierry Solère, maire UMP de Bologne Billancourt,

« Si Sarkozy dit que Ségolène Royal, c'est mieux, les socialistes penseront sûrement que c'est moins bien..."

Pour une fois que je partage l’analyse d’un UMP, soulignons-le !

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13 novembre 2006

La bd sur Sarko est-elle une marchandise comme les autres?

Avec cette histoire de Vidéo-Segag, on a passé sous silence le lapsus de Sarkozy prononcé lors de son Discours à Saint Etienne, jeudi dernier.

« L‘homme n’est pas une marchandise comme les autres »

Citation que l’on peut retrouver dans le nouveau site de campagne de tous les candidats : ICI.

Notre ministre de l’intérieur ne nous précise cependant pas si l’homme est une marchandise moins chère et de meilleure qualité.

Puisque nous sommes dans les petites phrases, relevons celle-ci, prononcée par Partick Devedjian, à propos de la présence ou non de Jean-Marie Le Pen au premier tour des présidentielles.

« Ce qui n'est pas bon pour la démocratie, n'est pas forcément mauvais pour Sarkozy »

Vous avez bien lu. Ça fait froid dans le dos. Démocratie et Sarkozy, sont-ce  vraiment des mots qui vont très bien ensemble, très bien en sem-ble?

A propos de démocratie, je souhaitais lire la nouvelle Bande Dessinnée qui fait fureur, La face Karchée de Sarkozy, et vous transmettre ici mes commentaires, comme je prend parfois plaisir à le faire dans la rubrique Lecture.

Or, tous les exemplaires ont été vendus dans mon quartier, et le délai d’expédition d’Amazon et la Fnac est évalué à plusieurs semaines. Mon libraire préféré doutait que la bd fut réimprimée de sitôt, à cause d’éventuelles pressions, l’éditeur de la BD étant Hachette. Des pressions, donc, contre la réimpression, voilà qui serait fort de café m’insurgeai-je ! Ne tombons pas dans la paranoïa !

Quand je relis la phrase de Devedjian, pourtant, j’accorde un petit crédit à mon libraire. Et qu’on ne me sorte pas que c’est poujadiste de préférer le commerce de proximité !


[EDIT] Bon, gros mea culpa, la bd se trouve bien dans les magasins de la Fnac en grande quantité. Voila, pris par le jeu du scoop et des rumeurs, j'ai voulu relater ce qui n'était qu'une conversation avec mon libraire, que j'ai déjà trouvé plus pertinent !

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10 novembre 2006

Des grandes vacances pour Ségolène !

Surfeurs fous, blogophiles et autre accros à Youtube et Daily Motion, vous ne pouvez pas ne pas être au courant de la video cachée ou Ségolène revendique les 35 heures pour les profs dans les établissements.
Cette "idée", sortie tout droit d'un comptoir PMU, est complètement à côté de la réalité du métier d'enseignant. Car, si les enseignants doivent passer le reste du temps hors des cours pour faire du soutien scolaire, quid de la préparation des cours et des corrections de copies? N'oublions pas que le temps de travail d'un enseignant est basé sur la trilogie : préparation, correction et enseignement à quoi s'ajoutent les activités administratives et pédagogiques. Or il est évident que si un enseignant enseigne 18 heures, fait du soutien pendant 10 heures, par exemple, il ne reste plus que 7 heures pour le reste, y compris préparer les heures de soutien. Ce qui, évidemment, est infaisable, notamment les premières années, notamment dans l'établissement scolaire, a priori pas prévu pour ça (pas assez de place, pas assez d'ordinateur, de calme, de livres etc. ). Bref, je pourrais continuer pendant des lignes pour démonter l'argument fallacieux de Madame Royal, je n'ose plus l'appeler camarade. Il y a sûrement des choses à remettre à plat dans l'éducation Nationale, notamment repenser la fonction des enseignants, mais ce n'est sûrement pas de cette manière. Ne le nions pas, Ségolène nous fait du Sarkozy. C'est un argument de Beauf. Et que Montebourg essaie de rattaper le coup en dénonçant la "marchandisation du soutien scolaire" est tout aussi ridicule.
Qui bosse la plupart du temps chez Acadomia ou les Cours Legendre? Des étudiants qui ont une maîtrise ou un Master, et qui sont en thèse, des profs vacataires, vous savez ceux qui n'ont le droit de faire que 200 heures par an dans l'éducation nationale, et peut-être quelques profs en service, mais franchement, je crois peu. Car ce n'est pas très bien payé par rapport au prix du cours. Et quand bien même, un des avantages du métier d'enseignant est d'organiser son temps de travail comme on le souhaite. Dès lors, quel est le problème ?
Quand à savoir si on doit ou non exploiter cette video prise à l'insu de l'intéressée, je ne vois pas pourquoi on s'en priverait. Les journalistes ne se sont pas privés de relater le "vieilli, usé" de Jospin, qui était du Off. Et puis, c'est sur du fond, là, ce n'est pas du people. Et le fond de la pensée de Ségolène commence franchement à battre de l'aile. Il n'y a plus qu'à espérer que les militants se réveillent.

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08 novembre 2006

Règlons le cas de la déesse des sondages : votons DSK

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Hier a eu lieu le dernier débat télévisé entre les trois prétendants socialistes dont les thèmes étaient l’Europe, les relations internationales, et l’environnement. Un débat que j’ai trouvé d’assez bon niveau avec des réponses précises. Il faut dire que, notamment sur les relations internationales, les avis sont plus consensuels. Bon, on sent bien que les trois candidats, comme d’ailleurs le reste de la classe politique, ne savent pas quoi faire du non à la constitution Européenne, même si il semble pris en compte. Sur ce point, comme sur beaucoup d’autre hier soir, Laurent Fabius s’est montré le plus convaincant. Chacun aura eu son débat gagnant en fin de compte. DSK sur l’économie, Ségolène Royal sur les problèmes de société, et Laurent Fabius, donc, sur l’International. Qu’on ne s’y trompe pas, c’est bien techniquement que Fabius était le plus fort hier, une vraie stature de chef d’État, une connaissance pointue des dossiers, et une véritable expérience, non oubliée visiblement. Sa conclusion était, à mon sens, une conclusion de campagne présidentielle, pas de primaires. Il n’y a pas à dire, hier, Laurent Fabius a pu se prendre pour le futur Président de la République. Il a joué au Président, on pourrait dire. Il a crevé l’écran.

Néanmoins, Laurent Fabius ne pourra pas rassembler au delà de la vieille garde de militants, Fabusiens depuis toujours, y compris lorsque Fabius était à la droite de la gauche. Autant je comprends qu’un homme politique peut changer d’avis, autant j’ai plus de mal à comprendre que tous ses supporters changent d’avis en même temps. Mais c’est sûrement pour cela que l’on appelle ça des « courants », ça entraîne tout sur son passage. Inutile de dire que le militant novice que je suis se sent totalement étranger à ce phénomène.

Le militant novice que je suis, d’ailleurs, doit prendre une décision pour le 16 novembre. Cela fait quelques jours déjà, que je ne sens pas Ségolène à la hauteur de la campagne qui l’attend, celle contre Nicolas Sarkozy. De plus, je ne me sens pas vraiment concerné par les idées qu’elle avance. Je trouve dommage d’avoir Montebourg dans son entourage et de n’avoir pas défendu plus hardiment la 6ème République. J’aurais aimé que sa tonalité novatrice soit mise à contribution pour des idées plus ténues que des gadgets. Et puis, elle a une voix insupportable, on ne va pas tenir 6 mois à l’entendre à la radio, ce n’est pas possible, imaginez l’or-dre juste (avec un long chuintement grave sur le « ju ») répondu à « est-ce que vous trouvez normal, madame Royal, que (compléter la phrase) », et ce, tous les jours ? Non, et puis, la surarticulation Royaliste face à l’excitation mécanique Sarkozienne, on ne va pas tenir, on va finir par voter Buffet, tiens.

J’aurais bien aimé voter Fabius. J’aurais bien voulu être convaincu par ses nouvelles idées de gauche qu’il a, d’autant que j’ai aussi voté non au référendum. Mais, outre le fait que je pense toujours qu’il a un déficit grave de popularité complètement irréversible, il n’a pas su faire autre chose que d’énumérer de vieilles recettes éculées de la période Mitterrandienne. Pouvait-il faire seulement autrement ? N’eût-il pas dû sortir du parti socialiste pour être le moteur d’une gauche, sinon complètement anti libéral, du moins proche de ce qu’a fait Oscar Lafontaine en Allemagne ? Au lieu de ça, il a été le candidat qui a répété le plus de fois le mot « socialiste », et c’est peut-être assez bizarrement ce qui l’a, sinon ringardisé, au moins remis des années en arrière. Il ne pouvait être un homme neuf avec sa vieille garde robe.

Alors on va croire que je vais voter DSK par défaut. Ce qui n’est pas totalement vrai. Il y a très longtemps que je pense que DSK est le seul à même de battre Nicolas Sarkozy. Cela date très exactement d’avant le premier tour de 2002, pendant un débat qui laissait s’affronter les deux hommes. Un débat de haute volée, dont on pouvait deviner une avance de DSK, oh très légère. Sarkozy avait d’ailleurs dit juste après, en off, « là vous avez vu les deux qui seront au débat de l’entre deux tour en 2007 », preuve s’il en est de la modestie de notre très cher Ministre de l’Intérieur – ainsi que de son obsession.

Je ne suis pas spécialement un social démocrate. A vrai dire, je l’étais plus, plus jeune, et j’ai eu tendance à me gauchiser en vieillissant. Toujours est-il que je ne sais pas encore comment on peut sortir franchement du libéralisme actuel et de la mondialisation sans bain de sang. Du coup, j’ai tendance à croire qu’il vaut mieux faire confiance à quelqu’un qui connaît bien les ficelles de l’économie de marché pour réguler ses effets pervers, plutôt que d’attendre le grand soir. Et dans cette campagne d’investiture, j’ai trouvé DSK assez volontaire pour ça, et je l’en crois capable, comme il est capable de battre l’adversaire de droite. Maintenant, je ne cache pas que DSK n’est pas mon candidat idéal. Mais choisir c’est renoncer. Et la démocratie c’est aussi renoncer souvent.  

 

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07 novembre 2006

Le jeu vainement trouble de Chevènement

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A quoi sert Jean-Pierre Chevènement en 2007? De quelle sorte de haute opinion de lui même est-il pétri pour qu’il croit que sa parole a encore du poids ?

Ministre détonnant, multi démissionnaire, Chevènement c’est avant tout un politique qui a de la gueule, et ce malgré quelques traits de ressemblance avec Bernard Menez, regardez bien la manière de pincer la lèvre. Ce fut aussi un ministre de l’intérieur bien plus crédible que l’actuel. D’ailleurs qui de plus crédible qu’un souverainiste pour s’occuper de l’Intérieur ? C’est fait pour ça les souverainistes, c’est fait pour s’occuper des petites affaires internes… ou des grands exploits de la nation, c’est selon. Le problème des souverainistes, c’est qu’on a un peu de mal à les distinguer des nationalistes. D’ailleurs, souvent mus par leur cause commune, les souverainistes s’entraident volontiers, qu’ils soient à gauche ou à droite de l’échiquier politique, une droite qui flirte avec son extrême. Le parcours de William Abitbol est un bon exemple, du groupuscule d’extrême droite Occident dans sa jeunesse, il est passé du côté de Charles Pasqua, l’a suivi au RPF pour finalement soutenir Chevènement en 2002 puis revenir à Pasqua. Bref, le souverainisme, c’est une confrérie, paraît-il républicaine, bien que l’on ne sait plus ce qui se cache derrière ce mot.

Car ça été la grande trouvaille de Chevènement pendant la campagne de 2002 : le candidat Républicain. On ne savait pas trop de quelle république il s’agissait, mais il était ré-pu-bli-cain le Chevènement ! pour ma part je l’aurais bien vu candidat face à Lamartine et Louis-Napoléon Bonaparte en 1848, mais là n’est pas le propos, être républicain, c’est être pour la république, qu’importe que ce soit la deuxième, la troisième, la quatrième, la cinquième, du moment que ce ne soit pas la sixième, qui, elle, fait peur à tous les prétendus républicains ! (Sûrement parce que Montebourg et Bayrou sont du genre à couper des têtes, allez savoir).

Quel trublion ce Jean-Pierre, quand même, renvoyer dos à dos Chirac et Jospin, ça c’était du programme politique ! Personne ne se souvient d’une seule proposition de Chevènement, mais ce n’est pas grave, il a fait 5 % des voix, ce qui eût été loin d’être ridicule si Jospin avait franchi le premier tour. Force est de constater que cet acte de bravoure, cette campagne de panache a été un coup d’épée dans l’eau. Plus personne n’a parlé de Chevènement, il n’a pu peser sur rien dans les élections qui ont suivi, il est devenu inaudible. Ah si, on l’a ressorti et épousseté lors du référendum sur la constitution européenne. Du coup, il a cru que lui et son groupuscule de Mouvement Républicain et Citoyen avait très nettement influencé les 55 % électeurs français qui ont voté non.

Il est comme ça Jean-Pierre, il croit que sa voix porte. Et la France va mal, il l’a dit hier, « tout fout le camp », ma bonne dame. On sent déjà poindre la tonalité de sa campagne. Du jamais vu, jamais entendu, c’est pour ça qu’il faut qu’il y aille Jean-Pierre ! Il va élever le débat !

Il va sans dire que penser que Chevènement va, une fois de plus diront certains, priver le ou la candidate socialiste du second tour est sans fondement. Chevènement n’existe tout simplement plus. Son tour est passé. L’agitateur, cette année, c’est Bayrou, on l’a déjà dit, la place est prise.

 

Chevènement, qui a le même âge qu’Arlette Laguillier, qui est aussi has been que Jospin, ferait mieux de ne pas trop se forcer pour avoir ses 500 signatures. Comme un autre souverainiste en 2002, un certain Charles Pasqua.

Posté par 2007sanssarko à 08:30 - Ailleurs, en Politique - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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