13 octobre 2006

La mort du vilain à Périgueux?

J’ai eu le courage de regarder une bonne partie du discours fleuve qu’a donné le président de l’UMP hier à Périgueux. Dans une sorte de tentative de réconciliation avec l’aile chiraquienne de son parti, mais aussi pour redorer son blason auprès de l’opinion publique, Nicolas Sarkozy s’est amusé à parcourir tout l’échiquier politique en distillant moult promesses et en insufflant des envolées lyriques tout aussi boursouflées que vaines.

Ainsi, Sarkozy veut récupérer le mot « Travailleur », qu’il oppose aux « assistés couchés ». Arlette et Jean-Marie dans la même phrase. Mais ce n’est pas tout.

Faisant appel à « la république », il a énuméré toute une série de lieux communs qui met tout le monde d’accord . C’est assez bluffant. Je comprends qu’un citoyen lambda se fasse avoir. On a assisté à un véritable exercice de manipulation. Il réussit même à faire applaudir une assistance UMP sur certaines propositions que la gauche ne pourrait renier, il faut l’avouer.

Avec un incroyable culot, il aspire à plus d’égalité entre les hommes et les femmes, désirant la Parité au delà de la politique, allant jusqu'à la vouloir pour les représentants du personnels. Rappelons que seul 30% de femmes représenteront l’UMP aux prochaines législatives.

Dans un autre registre, il veut rendre le droit au logement opposable. Alors qu’en tant que maire de Neuilly, il ne veut pas faire appliquer la Loi SRU.

Je ne récapitulerais pas toutes les propositions, certaines séduisantes, d’ailleurs. Tout ce que je peux dire, c’est que ça coûtera bien plus cher que le projet des socialistes ! Mais de financement il n’a pas été question. On a assisté à catalogue de flatterie pour toutes les tendances de l’électorat. Rien que ça.

Autre chose. La rhétorique de ce garçon est insoutenable. Terminer chaque phrase, quasiment, par « Voilà ma vérité », relève d’une mégalomanie chronique. Le style est répétitif, la syntaxe simple, le discours est une litanie, « voilà ma vérité » le leitmotiv. Le bourrage de crâne total. Le problème, c’est que l’on sent bien que c’est efficace. Il y avait, hier à Périgueux, quelque chose du tribun Le Pen, sans les jeux de mots foireux (encore que Sarko aime bien faire rire son auditoire). On sent bien que la machine de guerre est redoutable. Capable d’effacer ce qui fâche sans pour autant se renier : l’exercice était pourtant difficile.

Autant dire qu’il va falloir s’entraîner au débat pour aller battre ce bougre là. Non je ne vise personne.

Posté par 2007sanssarko à 16:37 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

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