12 octobre 2006

Y arriver sans cette minute où tout bascule

zidane

La 107e minute, personne n’y a échappé en ce mois de Juillet 2006. C’est le fameux instant, lors de la finale du Mondial de Football, ou notre héros national, Zinedine Zidane, jouant alors le dernier match de sa carrière, administre un magistral coup de boule à Materrazzi. L’image a fait le tour du monde. Acte manqué ou véritable tragédie grecque comme le semble le supposer Anne Delbée dans son livre La 107 e minute (que je n’ai pas lu) ? Un peu des deux sûrement. Je ne reviendrai pas sur les causes de l’acte en question, je n’y trouve pas d’excuse, au contraire de ce que pense Ségolène Royal, les mauvais gestes au nom d’un honneur supposé peuvent mener au crime. Justifier la violence physique à cause d’un « fils de pute » est pour moi inconcevable. La violence d’honneur est la violence des cons.

Bref. Ce qui me semble plus intéressant dans ce geste, c’est l’instant ultime où tout bascule, alors même que tout semble réussir. Je suis persuadé que l’équipe de France aurait gagné (peut-être au penalty, sûrement dans les toutes dernières secondes de la prolongation) s’il n’y avait eu ce geste malheureux de Zidane. Et alors, ce dernier entrait dans la légende par la grande porte.

Quel est le rapport avec la politique, me direz-vous ?

Nous y voilà. Le tempérament de Sarkozy nous laisse à penser qu’il est capable de vivre sa 107e minute. Imaginez le débat d’entre les deux tours, Sarkozy contre Ségolène, par exemple, les sondages le donne vainqueur, oh d’une courte tête. Il va enfin arriver à son but qu’il a de quand il était tout petit. Pardon, enfant. Et là, à la 107e minute du débat, exalté par sa proche victoire, le candidat de la droite lâche « Ségolène, vous n’êtes qu’une pute ». Ca y’est, c’en est terminé pour lui. Il essaie de se rattraper, dire que sa langue a fourché, il s’excuse, même. Mais c’est trop tard, Ségolène déjà lui répète pour la 14ème fois « est-ce que vous diriez ça à un homme ? », « vous le diriez à Laurent Fabius ? ». La présidente de Poitou Charente l’emporte au deuxième tour avec 60 % des voix, pas une femme n’a voté pour Sarkozy.

Politique fiction, fadaise que tout ça, me rétorquerez-vous ?

Pas si sûr. Sarkozy, comme tout autre homme politique, et peut –être sûrement plus, est capable de flinguer sa campagne d’un revers de la main, par une maladresse qu’il aura forcément cherché, lui qui aime repousser les limites.

Mais ne nous trompons pas. D’autres perdants aux élections ont connu leur 107e minute. Jospin en 2002, avec son « vieilli, usé ». Mitterrand en 1974 alors que le « coup de boule » venait d’en face avec le « monopole du cœur ». Et nos regards se portent maintenant sur Ségolène Royal. Tous ses opposants, de droite comme de gauche, guettent une 107e minute qui la ferait basculer (dans les sondages, j’entends). N’est-elle pas arrivée hier avec « mon opinion est celle du peuple » alors qu’on lui demandait si elle était pour ou contre l’entrée de la Turquie dans l’Union Européenne ? Je sais bien que la phrase est extirpée de tout un entretien, mais Ségolène est tombée dans le piège. Or des pièges, il y en aura beaucoup pendant cette campagne. Et des provocations auprès desquelles celles de Materazzi seront de la roupie de sansonnet.

Il semble évident maintenant que le calendrier du Parti Socialiste est un véritable handicap, et que le choix de son candidat vient trop tôt. En partant 6 mois avant, la 107e minute risque d’arriver plus tôt. Et je ne suis pas sûr que l’on ait le droit à 3 remplaçants.

 

Posté par 2007sanssarko à 14:21 - - Commentaires [3] - Permalien [#]

Commentaires sur Y arriver sans cette minute où tout bascule

  • Je suis entièrement d'accord avec toi: le mois de janvier m'aurait paru plus adapté pour le timing du PS mais Hollande a préféré ne pas attendre que sa moitié ne descende trop dans les sacro-saints sondages pour faire voter ses gens.

    Posté par kat, 12 octobre 2006 à 20:50 | | Répondre
  • Il me semble que DSK voulait que ce soit encore plus tôt. Seul les partisans de Jospin voulait que ce soit plus tard. Le temps qu'il se réveille sûrement.
    Sans rire, novembre c'est beaucoup trop tôt, le seul avantage qu'on a, c'est que Sarko soit parti en Juin 2002!

    Posté par 2007sanssarko, 12 octobre 2006 à 23:19 | | Répondre
  • Et maintenant ?

    Alors, maintenant que tu as vu le débat...? Qui c'est qu'a pêté les plombs, hein...? C'est pas Sarko si tu veux mon avis.

    Posté par vd, 09 mai 2007 à 21:21 | | Répondre
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