2007 sans Sarkozy

Analyse au jour le jour, ou à la semaine la semaine, de l'actualité politique en vue de l'élection présidentielle de 2007. Très fortement orienté anti Sarkozy.

30 septembre 2006

Allègre ment royalement

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On peut penser ce que l'on veut de Ségolène Royal. On peut aussi et surtout ne pas être d'accord avec ses idées. On peut gloser sur ses interventions un peu droitières. On peut s'inquiéter enfin qu'elle ne réussisse pas à gagner l'élection présidentielle. Mais, parmi les soupçons qui pèsent sur la Présidente de Poitou-Charente, celui qui porte sur sa capacité à être présidente de la République est tout à la fois grotesque et grossier.
Car, il ne faut pas nier qu'il y a comme un mouvement de personnalités, y compris dans son propre camp, qui sont persuadées qu'elle ne peut tout simplement pas assumer les plus hautes fonctions de la République (manque de carrure ou de charisme?). Lionel Jospin est en tête de ces personnalités. Avec lui Delanoé, Vaillant et ce malpoli de Claude Allègre dont la fatuité m'exaspèrera toujours. Avec eux une petite horde de journalistes bien pensants à tendance réac, Eric Zemmour en tête, mais aussi Bertrand Delais, Philippe Tesson... bref une bonne partie de ceux qui squattent i-télé et sûrement bien d'autres encore!
Outre le fond résolument machiste de cette affirmation (elle ne peut exercer le pouvoir) on est surpris, encore une fois, par l'attente que crée la fonction de Président de la République. Car franchement, lorsque l'on est un tant soit peu de gauche, et même maintenant de l'UDF visiblement, comment pourrait-on avoir peur de donner les rênes du pouvoir à Ségolène Royal alors qu'une personne aussi versatile et sans objectif que Jacques Chirac a pu les tenir pendant 12 ans? Qu'est-ce qui est le plus incongru : Ségolène Royal Présidente, ou Douste-Blazy ministre des Affaires étrangères? Enfin, et surtout, n'est-il pas plus dangereux, et quand je dis dangereux, j'ai presque envie de dire criminel, de laisser Sarkozy s'emparer du pouvoir? Qui présente le plus de problèmes de comportement, Segolène ou Sarkozy? Qui peut nous mettre la Russie, l'Espagne, la Turquie contre nous? Royal ou Nicolas? Qui est le plus capable d'outrepasser ses droits au nom de la raison d'Etat? La madone ou le nain?
Non, franchement non, les attaques sur les capacités de Ségolène Royal sont idiotes et contre productives.
Encore une fois, c'est rendre la fonction de président de la république pour plus haute qu'elle ne l'est. C'est oublier qu'il y aura un premier ministre, un parlement et surtout des Législatives qu'il faudra aussi gagner pour gouverner.
Et c'est donc sur la capacité à rassembler son camp, à former une équipe compétente et à gagner les élections que les militants socialistes ont à se décider le 16 et 23 novembre. Pour les capacités à être Président, les 3 ou 4 candidats présents les ont assurément.

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28 septembre 2006

Coïtus Interrompu-PS

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Dans cette période au PS, où l'avenir se décline avec le désir, voyant qu’il ne nous mènerait pas à l’orgasme, Lionel Jospin a préféré se retirer. On ne peut que saluer cette décision. Cela éclaircira peut-être un peu le débat fratricide, et somme toute inquiétant qui se profile au PS.

Jospin n’a pas eu de chance. Il n’y a jamais eu de désir pour lui. Je sais bien qu’il répugne, comme beaucoup, cette course à l’image galopante. Mais, il est vrai qu’il n’y a jamais eu de désir pour Jospin.

Les Français ont connu d’autres amours contrariés. Ils ont désiré Michel Rocard ou Jacques Delors, par exemple, mais là les rendez-vous ont été manqués.

Les Français ont en revanche fait mariner leur courtisan avec Mitterrand et Chirac, avant de céder par deux fois (comme quoi la France ne veut pas forcément « qu’on la prenne », Monsieur Villepin), les français se sont fait désirer.

Quelle va être la partie de séduction et de désir en 2007 ? On le voit bien se profiler. Un qui désire le poste et séduit à la hussarde, en offrant des fleurs tous les jours sans jamais vraiment s’inquiéter de la santé de l’autre. L’autre se faisant désirer, muette, à l’écoute de l’autre sans qu’on le sache si c’est nous qu’elle veut ou non.

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27 septembre 2006

Sarkozy, ses nerfs, notre avenir

Le peu de sang froid dont a semblé faire cas le Ministre de l'Intérieur, d'après les faits rapportés par Le Canard Enchaîné aujourd’hui même, face aux commissaires du 9-3 est très certainement le point le plus inquiétant de sa personnalité.

Sarkozy a l’ego tellement hypertrophié qu’il prend toute défaillance contre lui, fût-il le responsable de cette défaillance. Cela prouve deux choses : il ne se remettra jamais en question et il est aussi atteint de crise de paranoïa. Comment pourrait-il en être autrement ? Une telle mise en scène du moi ne peut qu’accentuer les théories du complot. Quand je fais en sorte de me mettre au centre de tout, tout se retourne contre moi ! Quand on joue la provocation, même si on pense que c’est pour faire avancer le débat, il faut avoir les reins solides, et ne pas s’étonner de s’attirer des griefs d’une tranche de la population, qui radicalisera son discours en retour. Il faut enfin s’habituer à un taux incompressible d’hostilité totale, taux qui sera d’autant plus grand que le caractère sera outrancier.

Et outrancier, il l’est, Sarkozy. Jusqu’à dans ses remontrances à ses subalternes.

Et parano, il l’est aussi. C’est pour cela qu’il est prêt à rester au Ministère de l’Intérieur jusqu’au bout, pour croire qu’il va tout contrôler.

Qui peut sérieusement voter pour lui, sans craindre un seul instant que ses troubles du comportement ne puissent se retourner fatalement contre le pays ? Comment va-t-il s’en sortir quand il devra « serrer la pogne » à Poutine ? Comment va t’il réagir avec le bouton nucléaire ? Les conseils de Ministres deviendront-ils des conseils de discipline ? L’article 16 de la constitution sera-t-il un recours face à cette « bande d’incapables » qui lui « veut du mal » ?

Autant de questions qu’il ne vaudrait mieux ne jamais avoir à se poser.

Souvenez-vous pour certains, que vous avez jusqu’au 31 décembre pour vous inscrire sur les listes électorales, ou bien inscrire votre changement d’adresse.

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26 septembre 2006

Je ne le vois pas Président

Lorsque l’on discute de politique avec des vrais gens qui s’y intéressent de très loin, l’on a souvent de précieuses informations sur les réflexes de vote de toute une population. Ainsi cette phrase qu’il me semble avoir toujours entendu la veille ou l’avant-veille de chaque élection présidentielle : « je ne le vois pas président ». Souvent cette phrase vient infirmer un discours sympathique, voire élogieux sur telle ou telle personnalité politique qui aurait certes des qualités, mais qu’on ne « voit pas président » .

Attardons-nous sur cet étrange adage qui semble relever de prime abord à quelque conclusion vaguement ésotérique. Il est bien entendu que « je ne le vois pas » doit être compris « je ne l’imagine pas ». C’est inimaginable qu’untel soit président. Cela dépasse la pensée. C’est hors d’atteinte de la pensée. Bon. Soit. On parle bien de Jacques Cheminade ?

Ah mais non ! Cette phrase que j’ai si souvent entendue, elle s’applique aussi à des « grands » candidats ! Et, lors de la campagne de 2002, plusieurs personnes m’ont assuré avec un aplomb certain « qu’ ils ne voyaient pas » Lionel Jospin président ! Dussé-je leur rétorquer qu’il était Premier Ministre depuis déjà 5 ans ! Niet ! Mais pourquoi donc alors bon sang ?

La réponse tombait comme un couperet : il n’a pas assez de charisme. Ou il n’en a pas la carrure. C’était selon.

Nous y voilà. On n’élirait donc pas un Président pour ses compétences mais pour son charisme. Ce qui a bien convenu à Jacques Chirac, me diriez-vous. Mais pas seulement. Jamais on ne disait de Balladur, « je ne le vois pas Président ». Dès son arrivée à Matignon, il s’est posé comme Président. Comme un peu le Président Louis XV. Ah non, ça ne va pas, là je suis en train de tout mélanger. Louis XV c’était un Roi, autant pour moi. Comme Mitterand.

Tout est là. Dans cette vision quasi monarchique de la fonction présidentielle. Dans la projection fantasmagorique du peuple pour son président-roi. Un roi qu’il peut choisir, directement. Mais pour mériter le poste, il faut faire figure de roi. Il faut paraître un peu au-delà. Ce qui a très certainement manqué à Lionel Jospin - et d’ailleurs le « président citoyen » est une idée qui, si séduisante soit-elle, n’a pas fonctionné - , mais aussi à Raymond Barre, Chaban-Delmas… et qui manquera sûrement à François Bayrou. On veut un Roi, qui a « des couilles » (Villepin n’est donc pas hors compétition ?), un Roi qui rayonne de sa prestance, qui représente toute la fierté Française à l’étranger, qui soit au dessus des Partis.

J’entends déjà des voix s’élever. Ségolène et Sarkozy, ils ne font pas vraiment roi ces deux là. Et pourtant tout le monde les voit président. Alors, hein ? Elle ne tient pas debout ta théorie ?

D’abord, ce n’est pas une théorie. Ensuite, il me semble que l’un des facteurs qui fait que Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy soient les favoris des sondages est que justement leur image est basée sur le renouvellement de la position présidentielle (pas encore de la fonction, hélas). Cette année on ne tire pas les rois. On choisit entre le Père et la Mère. Du moins, cela s’oriente vers cette option.

En revanche, les « éléphants » du PS, Jospin en tête, eux ne « voit pas » Ségolène présidente. Et il est fort à parier que le mépris motivé par les Chiraquiens, Chirac en tête, envers Sarkozy, est aussi du même ordre.

Désacraliser la fonction présidentielle est pourtant nécessaire. Mais pour cela il faudrait d’une part redéfinir les rôles du Président de la République, d’autre part changer le mode de scrutin qui mène à son élection, autrement dit opter pour le suffrage universel indirect. Pour que le parlement retrouve sa place, pour que le premier ministre et lui seul mène la politique du gouvernement, comme dans quasiment toutes les démocraties européennes, pour que ce premier ministre soit le chef du parti vainqueur, pour qu’enfin le chef du parti vainqueur ne se voit pas retirer le job parce qu’il n’aurait pas « la gueule » de l’emploi.

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24 septembre 2006

Pays de Merde !

Les sondages de ce week-end donnent raison à notre Ministre de l'Intérieur sur ses déclarations abusives envers les magistrats. Pis,  les français semblent faireencore confiance à Nicolas Sarkozy à 53% pour combattre l'insécurité. Alors même qu'ils doivent penser, à juste titre, que l'insécurité n'a pas vraiment reculé pendant ses deux mandats Place Beauveau. Soit ce pays est aveugle, soit il est complètement con, soit, ce que j'ose espérer, ses instituts de sondages sont complètement incompétents.
Si ce n'est pas le cas, je dois moi aussi être un "bullocrate" que dénonce Jean-François Kahn, les sarkozistes étant en grande minorité parmi les gens que je côtoie. A moins que les sarkozistes ne soient des clandestins, ce qui serait un comble !

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22 septembre 2006

Jospin, le candidat sépia veut être sur la photo

_1525287_jospin_afp_150Lionel Jospin va très certainement se présenter à l'investiture du candidat socialiste pour l'élection présidentielle... de 2007. Après plusieurs mois d'hésitations feintes, d'intentions à peine voilées, celui qui n'a toujours pas compris les raisons de son échec en 2002 s'apprête à faire une erreur encore plus énorme. Jospin n'a pas fait que de se retirer de la politique en 2002, il s'est arrêté en 2002. Plus précisément, il s'est arrêté avant la campagne de 2002. Comme Chirac, il ne comprend pas les changements qui se sont opérés dans la société. Souvent, il est même passé complètement à côté d'elle. C'est quelqu'un qui, par exemple, n'a pas traversé la bulle internet, et les années start-up, alors qu'il était aux manoeuvres de l'Etat pendant le même temps. Mais, non ça a glissé sur lui. Comme glisse sur lui actuellement le "phénomène médiatique" autour de Ségolène Royal, qu'il fustige au lieu de comprendre pourquoi ça marche. "On ne fait pas une campagne uniquement sur Internet" va-t-il même jusqu'à oser dire (avant l'ouverture de son blog), oubliant, par exemple que la France contient le plus grand nombre de Blogs par habitant. Lionel Jospin n'est presque plus un candidat sépia, c'est déjà un candidat en noir et blanc.
En voulant faire front contre Ségolène, en ajoutant à la cacophonie actuelle au sein du parti avec sa candidature, il prend le risque d'affaiblir les deux candidats ayant le plus de chance de battre Nicolas Sarkozy, DSK et Segolène Royal. Le premier en lui demandant de se retirer, la deuxième en tirant dessus à bâton rompu, de sorte qu'elle arrive lessivée pendant la "vraie campagne". Quel sens de l'Etat peut-il bien vouloir défendre lorsqu'il veut jeter à la gueule du loup le pays à son adversaire de droite, alors même qu'il veut vraiment le combattre?
Car une chose est quasiment certaine, il ne sera pas investi. Les militants ne peuvent pas investir celui qui a conduit à l'élimination dès le premier tour en 2002. Et puis l'appel du pied de la population à vouloir "rajeunir" le personnel politique est trop présent  pour en faire fi. Le passage au quinquennat a laissé entrevoir un renouvellement plus fréquent de nos dirigeants. L'espoir d'un changement de constitution, ou au moins d'une modification substancielle, aussi. Enfin les circonvolutions de midinettes qu'a fait Jospin ces derniers mois n'ont pas arrangé les choses. A trop vouloir se faire désirer, on risque de ne plus séduire. D'autant que les cheveux blancs semblent bien passés de mode !

Lionel, s'il te plaît, ne passe pas le pont. C'est le militant qui parle. Reste exilé tranquillement sur ton île quelques mois pour que nous puissions envoyer pour de vrai le Napoléon de pacotille à Sainte-Hélène.

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21 septembre 2006

Ce qui fait le ministre de l'Intérieur se voit aussi à l'extérieur.

En rejetant la responsabilité de l'échec de sa politique des banlieues sur le tribunal de Bobigny et des magistrats qui le composent, Nicolas Sarkozy procède un peu de la même manière que les "Racailles" qu'il aime fustiger. Pris la main dans le sac, il dit : "c'est pas moi, m'sieur, c'est l'autre". C'est vrai que notre ministre de l'intérieur s'est rendu 42 (ou 44, je ne sais plus, mais un chiffre précis) fois dans les cités, il s'est peut-être donc laissé influencer par les moins fréquentables de leurs habitants !
Il est néanmoins très risqué de se mettre à dos la magistrature, et inadmissible de ne pas respecter pas la séparation des pouvoirs. D'autant que quand on examine le bilan de la politique menée contre la délinquance, on se rend bien compte que tout n'a été en fin de compte que "poudre aux yeux".
Renforcer uniquement les moyens répressifs en dénigrant la prévention (et supprimer la police de Proximité), en ne donnant pas de moyens financiers supplémentaires à la Justice, en ne construisant pas assez de prisons, ça ne pouvait amener qu'encore plus de violence.
Je me lance dans un parrallèle risqué : on dirait une tactique digne d'un gourvenement israelien. Israel, en effet, a exigé du Fatah que sa police fasse régner la loi, mais ne lui a donné aucun moyen financier, politique, commercial etc. Et dès qu'un attentat ou bien un tir de roquette a lieu sur le territoire Israelien, il y a riposte de la part de Tsahal, le gouvernement Israelien rejettant bien évidemment la faute sur l'Autorité Palestienne. J'ai l'impression que Nicolas Sarkozy procède de la même manière: une répression systématique, ou simplement même une volonté de répression systèmatique, qui occulte toute autre politique pourtant nécessaire. 
On comprend peut-être mieux pourquoi il a eu besoin d'affirmer, lors de son voyage à New-York, une position beaucoup plus pro-israelienne que l'ensemble de la classe politique française.

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20 septembre 2006

Laurent Fabius est-il un imbécile?

Je n’ai pas encore parlé des prétendants à la candidature socialiste. Comme je l’ai déjà dit, je suis adhérent du PS, et bientôt j’aurais un choix à faire que je n’ai pas encore fait. Néanmoins j’ai déjà choisi pour qui je ne voterai pas, et je vais essayer de dire pourquoi.

fabius_21_01_05Ainsi, je ne voterai pas pour la candidature de Laurent Fabius. Et ce essentiellement pour une raison : il ne sera pas capable de gagner l’élection présidentielle. Néanmoins, je ne pense pas qu’il s’en sortirait plus mal que ses concurrents socialistes s’il devait accéder à la fonction suprême. Il a déjà exercé de hautes responsabilités, il connaît bien les rouages du système, peut-être trop. Il ferait sûrement une meilleure campagne que Lionel Jospin en 2002, mais faire pire, il est vrai, ce n’est pas facile. Fabius a quand même une certaine facilité pour parler en public, il fait partie des gens, comme François Hollande, qui s’en tirent mieux en meeting qu’à la télévision. Alors donc, pourquoi lui prédire aussi assurément une défaite ? à cause de ce que j’appellerais son impopularité organique.

Fabius traîne toujours dans l’opinion populaire l’affaire du sang contaminé, alors qu’il y a eu un non lieu. Mais on ne lâche pas comme ça un « responsable politique trempé dans des magouilles », même si il n’y a jamais trempé ! En même temps on lui a fait payer son retour à la rigueur des années 83-85. lI y a fort à parier qu’un premier ministre qui aurait fait baisser le chômage, augmenter le pouvoir d’achat et donner des congés supplémentaires n’aurait pas subi de telles foudres si jamais il y avait eu soupçon pour une affaire du même type que celle du sang contaminé.

Ce qui n’a pas redoré le blason de Fabius, même auprès de ceux qui n’ignorent pas son l’innocence dans l’affaire sus-citée, c’est son ancrage à droite du parti socialiste auquel il nous a habitué jusqu’en 2005. Ce qui en a fait la bête noire de l’extrême gauche, mais aussi de la l’aile gauche du parti.

Enfin, pour achever son déficit de notoriété, le revirement récent très « à gauche » de Fabius est perçu comme une posture opportuniste, et par la même bien peu crédible.

Sur ce dernier point cependant, il serait bon de s’attarder. Pourquoi en politique, plus qu’en tout autre domaine, changer d’avis est-il préjudiciable ? Je ne parle pas des brusques revirements pendant une législature (comme les 70% de GDF au public, par exemple), mais des évolutions notoires de ses convictions, lorsque la société et l’Histoire elles-mêmes montrent de réelles mutations. Combien de fois n’a –t- on entendu dans des micros trottoirs, ou pendant les repas familiaux, vanter une Arlette Laguiller ou un Le Pen, car au moins, eux, ils sont fidèles à leurs convictions (et qu’importe l’irrecevabilité de ces convictions) ! Ces personnes ne sont nullement effrayées de voir ces représentants politiques asséner les mêmes recettes depuis des décennies. Quelle drôle d’idée ne trouvez vous pas ?

Pis. Reconnaître ses erreurs d’appréciations en politique, ou reconnaître simplement que son opinion a changé est tout simplement suspect. Tant d’honnêteté n’est pas possible. Et comment pourrait-on être honnête, ma foi, lorsque l’on change ainsi de conviction ? C’est le serpent qui se mord la queue.

Il y en a pourtant un qui a bien su jongler avec de multiples revirements, c’est notre Président de la République. Nul doute que sur certains points, d’ailleurs, il a réellement changé d’avis. Je veux dire, profondément. Mais jamais il ne l’a avoué. Comme si l’aveu mettait plus en exergue la versatilité que le camouflage – souvent agrémenté d’un aplomb culotté. Chirac a même réussi à faire de ses contradictions sa marque de fabrique.

Chirac est bien français au fond. Car les électeurs français qui, visiblement, acceptent assez peu que leurs représentants politiques changent d’avis, sont pourtant champion toute catégorie du retournement de veste. Indécis jusqu’à l’isoloir, renvoyant sans cesse la majorité dans l’opposition, faisant et défaisant les tendances au gré des sondages, redonnant la majorité à De Gaulle 1 mois après avoir quasiment fait une révolution, s’abstenant aux législatives de 2002 un mois après s’être mobilisé au second tour des présidentielles pour faire un front républicain, votant non à la constitution après avoir voté oui à Maastricht (moi le premier), adorant ce qu’ils ont brûlé, brûlant ce qu’ils ont adoré, les électeurs français, versatiles à souhait, font de leur devise « seuls les imbéciles ne changent pas d’avis ».

Pour en revenir à Laurent Fabius, il aurait le toupet de leur faire croire qu’il n’est pas un imbécile. Mais ça ne prend pas. C’est peut-être que les Français doivent les aimer un peu cons leurs hommes politiques.

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19 septembre 2006

Le meilleur moyen de tenir ses promesses

C'est bien encore d'avoir les résultats à l'avance. Ainsi en annonçant dès cet été qu'il régulariserait à peu près 6000 sans papier, notre ministre de l'intérieur ne s'est pas trompé. Bien évidemment, allié à Elizabeth Tessier, il savait que les "cas par cas" ne donnerait que 6000  régularisables.
Espérons qu'il ne nous donne pas les résultats des élections dès le mois de Mars !

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18 septembre 2006

L'efficacité de la modestie

La récente visite du Ministre de l'Intérieur aux Etats Unis a révélé d'une manière concentrée tous les travers du prétendant à l'Elysée.
D'aucuns ont salué le courage politique de Sarkozy, qui a affiché son atlantisme sans tricher, tout en soulignant la faute électoraliste. De courage, pourtant, il me semble peu question. De vanité, en revanche, énormément.
Ainsi les Etats-Unis sont un pays où l'on peut, selon ma cible favorite, "partir de très bas pour arriver très haut"... tiens, tiens! Ce n'est pas "partir de rien et devenir quelqu'un", c'est bien "partir de bas". Comme l'ont très justement souligné "Les Guignols", les Etas-Unis sont le pays où les petits peuvent réussir, ceux de petite taille. Le fameux complexe de petite taille! Ce qui est d'autant plus frappant, c'est que dans la suite de cette réflexion Sarkozienne, (qui, il faut bien l'avouer, ne vole déjà "pas haut), il poursuit, "et on peut être très haut et redevenir très bas". Le rêve quoi, on peut même rapetisser Chirac et Villepin ! Une fois encore, on ne peut s'empêcher de penser que Sarkozy veut "faire président" que dans l'unique but d'assouvir sa revanche contre lui même. Pas pour servir la France.
D'ailleurs, cette France, il ne l'aime guère. Cette "France Arrogante" face à "l'efficacité de la Modestie" américaine (sic). Il n'aime pas l'exception culturelle française, il trouve que les français ne travaillent pas assez, ils trouvent les français au fond... trop français.
Il n'aime tellement pas la France, qu'il nous plombe déjà nos futures relations diplomatiques si jamais par malheur il accédait au pouvoir. Opposer comme il l'a fait le "Modèle Américain" au "Modèle Russe" est d'une bêtise incommensurable. Soit il est resté à l'époque du mur de Berlin, et a confondu "Russe" et "Soviétique", pour quelqu'un qui revendique la rupture, ça fait désordre, soit il a clairement lancé une pique à Vladimir Poutine, et dans ce cas précis, il reste dans la ligne droite des bourdes de Douste Blazy. A noter qu'il n'a pas parlé du "modèle chinois", un vrai pays libéral, ou l'on se lève tôt pour aller travailer, et où les "droits de l'hommistes" ne sont pas les bienvenus.
Au fond il n'aime tellement pas la france, qu'il en méprise les français, en voulant à tout prix s'afficher avec Bush (40 minutes selon la police française, 25 minutes selon les organisateurs américains, le monde à l'envers), un homme particulièrement détesté par nos concitoyens. Vanité, là encore. S'afficher en présence du chef de l'état le plus puissant de la planète, qu'importe qu'il fût le roi des salauds, voilà ce qui compte.
Le Monde du 17/09l indique qu'"il ne croit pas à l'antiaméricanisme des Français. La preuve, a-t-il dit, "rien ne les rend plus fiers que de voir un acteur français dans un film américain". En voila de l'analyse politique !
Il est vrai qu'en y réfléchissant, je serai plutôt fier que Sarkozy fasse carrière à Hollywood..., ça voudrait  dire que l'on aurait évité le pire !

Posté par 2007sanssarko à 17:09 - Anti Sarko - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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